La Bataille de Snoul et ses Conséquences

De la part de l’auteur – Le but de cet article est de dire la vérité pour honorer les combattants qui ont participé dans cette bataille de Snoul et pour rendre justice aux combattants qui ont été oubliés dans l’histoire militaire de l’ARVN.

Une Promesse Non Tenue

J’ai trouvé par hasard un webpage de Nguyen Van Tin, [1] un jeune frère du Général Nguyen Van Hieu, qui a été mon vénérable Commandant de la 5è Division d’Infanterie des années 1969, 1970 et 1971. Après l’avoir parcouru, j’arrive à comprendre les souffrances et les frustrations ressenties par la famille du Général. Le temps n’a pas pu alléger les souffrances de l’épouse du Général qui a été obligée de vivre et mourir sous le poids d’une existence pénible d’expatriée, et Tin s’est efforcé de faire tout son possible pour rendre justice à son frère bien-aimé. Et il y a tant de gens qui sont dans la même situation que la famille du Général, comme les familles de mes camarades d’armes dans l’Opération Snoul en 1971. L’arbre souhaite la tranquillité, mais le vent secoue tout de nouveau. Je dois écrire pour proclamer la vérité, parce que je sympathise avec mes frères combattants, le Général Hieu, et le Colonel Bui Trach Dzan qui ont été injustement oubliés dans l’histoire militaire de l’ARVN pendant toutes ces années.

La vérité est que j’avais ma raison de garder le silence pendant plus de trois décennies, à cause d’un avis que le Général Hieu m’avait donné lorsque je le rencontrai de nouveau en 1971 à Dalat quand il assistait à la cérémonie de remise de diplômes de la 24è promotion des cadets militaires. Je me sentis si petit en face de la grandeur d’un vrai patriote quand il me disait à voix douce, "Le Général Minh est en train de diriger les troupes pour défendre le pays, et son prestige doit être soutenu à tout prix. Si vous accordez plus de poids à la Nation, vous comprendriez alors la raison pourquoi nous devons oublier le passé, et pardonner les quelques fautes commises par le Général dans la bataille de Snoul. Pêcher est inhérent à l’être humain. Je regrette seulement que je n’ai pas le pouvoir de rendre honneur à tous mes frères combattants de la bataille de Snoul".[2] Ces mots affectueux ont suffit de me faire taire pendant toutes ces trente années !

Aujourd’hui le Général Minh ne défend plus le pays; en plus, le temps n’a pas adouci les souffrances et les frustrations d’un être humain. Alors j’ai une bonne raison pour trahir ma promesse envers le Général Hieu et écrire en hâte et avec exactitude un fait de l’histoire militaire. Je dois me dépêcher à écrire parce que je crains que les témoins encore vivants ne demeureraient pas pour toujours dans cette vie temporelle pour confirmer ou clarifier. Afin d’écrire fidèlement, l’on doit avoir des documents exacts et des témoins pour confirmer. C’est là l’une des difficultés pour écrire la vérité. J’ai essayé de trouver le Général Bui Thanh Danh, ancien Commandant de la 5è Division VC en 71-72, par la suite ancien Commandant de la 7è Région Militaire; le Général Le Nam Phong, ancien Commandant de la 7è Division VC, par la suite Directeur de la 2è Ecole Militaire (Long Binh, Dong Nai) [3]; cependant, j’ai réussi seulement à contacter que quelques officiers de ces deux divisions. Alors que le Général Minh, ARVN, n’a pas répondu à ma lettre. Il était un commandant compétent quand il était Commandant de la 21è Division d’Infanterie. Ce qui fait que je pense qu’il devrait avoir ses raisons non dites pour ne pas dire la vérité vis-à-vis de la bataille de Snoul. Je prie seulement qu’il aura l’occasion de révéler les raisons pour immobiliser les troupes pendant la dernière semaine de mai 1971, et pour donner l’ordre à la 8è Force de Frappe de battre en retraite sans l’assistance des forces de secours, pendant qu’elle était encerclée et attaquée du 24/5/71 au 30/5/71, afin que nous continuions à le respecter comme étant un commandant compétent de l’ARVN. C'est là mon plus grand souhait!

Opération à Snoul de la 8è Force de Frappe
(Du 15/4/71 au 30/5/71)

1.SITUATION:

A. Ennemi:

a. La 5è Division VC opère aux alentours de Snoul, prête à employer l’artillerie et l’assaut contre nos camps militaires.
b. La 7è Division VC et la 9è Division VC opèrent aux alentours de Chup, Kampong Cham et dans la région au sud de Snoul.
c. La 7è Division VC se déplace vers la région autour de Snoul pour coordonner avec la 5è Division VC dans le plan d’encercler et détruire la 8è Force de Frappe, à partir du 15/5/71.[3,7]

B. Ami:

a. Plusieurs forces de frappes sous le commandement des deux Commandants de la 18è et 25è Divisions avec un effectif d’environ 20.000 troupes, la principale force du C.A., opèrent autour des régions de Chup et Kampong Champ, et la région au sud de Snoul, prêtes à renforcer la force secondaire à Snoul.[4]
b. L'Escadron de l’US Air Cavalry: Compagnie B/3/17/US supporte dans la région opérationnelle de la 8è Force de Frappe ; Compagnie A/3/17/US est attachée à la 8è Force de Frappe à partir de 01/5/71. Conduire l’observation aérienne à partir de la région opérationnelle ouest de la zone tactique de la division.[5]
c. La Force de Frappe d’Assaut (FFA) du 3è C.A. est mise sous le commandement direct de la 5è Division à partir du 31/5/71, pour remonter à Snoul afin de briser l’encerclement et lier avec la 8è Force de Frappe en retraite retournant à Loc Ninh.[6,27]

2. FONCTION:

a. La 8è FF continue le devoir assigné, prenant avantage de la saison sèche restante pour maintenir l’attaque de la 3è phase de l’opération TT02/21/85/NB: chercher et infliger des pertes à l’ennemi et en même temps interdire l’infiltration de l’ennemi à l’intérieur du territoire.[5]
b. La 8è FF augmente des opérations d’assaut de reconnaissance pour chercher et détruire l’ennemi, les unités de la 5è Division découvrent les trésors ennemis dans les alentours de Snoul et contrôle de près QL 13 de Loc Ninh à Snoul.[5]

3. EXECUTION:

A. Concept Opérationnel:

a. Etablir des camps fortifiés.
b. Organiser de fréquentes opérations de reconnaissance à longue portée, des embuscades et des attaques limitées de sondage.
c. Sécuriser la route de la frontière à Snoul.
d. Utiliser les tirs d’artillerie et aériens pour détruire les objectifs aux alentours de la région de Snoul jours et nuits.

B. Répartition du Travail:

a. 3/9è Bataillon
- Etablir un camp de défense aux coordonnées XU 650280.
- Opérer dans la région XU.645248 - 694258 - 627328 - 596296.
- Sécuriser la route sur QL 13 depuis les coordonnées XU 670260 aux coordonnées XU 618310.

b. 3/8è Bataillon
- Etablir un camp de défense aux coordonnées XU 580330.
- Opérer dans la région XU 590300, XU 640320, XU 600350, XU 540310.
- Sécuriser la route sur QL 13 depuis les coordonnées XU 618270 aux coordonnées XU 575335.

c. 2/7è Bataillon
- En réserve pour la 8è FF.
- Opérer dans la région XU 510380, XU 490340, XU 600350, XU 540310.
- Sécuriser la route sur QL 13 depuis les coordonnées XU 575335 au marché de Snoul et sur QL7 depuis le marché de Snoul aux coordonnées XU 553363.

d. 1/8è Bataillon
- Renforcé avec une compagnie blindée, établir un camp de défense aux coordonnées XU 562382.
- Opérer dans la région XU 540420, XU 600420, XU 510380, XU 490340.
- Sécuriser la route sur QL7 depuis les coordonnées XU 553363 aux coordonnées XU 562382.

e. 2/8è Bataillon
- Protéger le Poste de Commande de la 8è FF.
- En réserve pour la force de frappe quand ordonnée.

f. 1er Escadron de Cavalerie Blindée
- Détacher une compagnie au 1/8è Bataillon
- En réserve pour la 8è FF.

C. Soutien de Puissance de Tir: Bataillon d’Artillerie: Soutenir directement la 8è FF.

Cinq Jours et Cinq Nuits de Défense du 1/8è Bataillon

ETABLIR LA FORTIFICATION DE DEFENSE

Le 1/8è Bataillon était renforcé par une Compagnie Blindée comprenant environ douze chars M41 commandée par le Lieutenant Minh, un cadet de l’AMND en tant que commandant de compagnie, pour organiser des lignes de défense, des opérations d’attaque de sondage et de reconnaissance de longue portée dans les régions assignées.

L'emplacement du bataillon était entouré à l’Est, Nord, Nord Est et Sud par des forêts de bambous denses, et par des forêts de caoutchouc denses à l’Ouest et Nord Ouest. Autrement, il n’y avait pas de surfaces élevées autour de l'endroit du bataillon d’où l’on pouvait dominer et observer les troupes défensives.

Le bataillon établissait trois périmètres défensifs, le principal périmètre A, le dernier périmètre défensif B, et le périmètre d'affût C. Le périmètre A était protégé par trois compagnies avec des bunkers fortifiés pour parer contre la puissance de tir de l’artillerie et des mortiers; la 2è Compagnie commandée par le Capitaine Thao, un ancien parachutiste, était responsable de défendre les côtés Ouest et Nord Ouest ; la 3è Compagnie commandée par le Lieutenant Ninh, un cadet de l’AMND, était responsable de défendre du côté Nord Ouest jusqu’au côté Est; et la 1è Compagnie commandée par le Lieutenant Gioi, était responsable de défendre le côté Sud du périmètre A. Le PC du bataillon, la compagnie blindée, le peloton de reconnaissance et le peloton d’armes lourdes étaient responsables de défendre le dernier périmètre défensif B. En outre, la compagnie blindée et le peloton de reconnaissance étaient aussi responsables d’agir comme forces de réserve pour le bataillon.

A part le devoir journalier d’opérations de cherche et d’opérations de reconnaissance à longue portée, les unités construisaient des bunkers fortifiés au périmètre A, et chaque compagnie nettoyait le terrain entre périmètre A et périmètre C. En un mois, les compagnies ont nettoyé les bambous et les ont transformés en des obstacles de deux mètres de haut, et en même temps ont élargi le champ de vision et de tir du périmètre A au périmètre C. Des mines Claymore et des obus d’artillerie étaient transformés en des pièges automatiques et contrôlés à distance entre périmètre A et périmètre C, et environ cents mètres au-delà du périmètre C. Tous ces travaux ont été finis vers mi 5/71.

Le 15/5/71, le peloton de reconnaissance embuscade et tue six Viet Cong qui sont en train d’espionner le ruisseau d’eau situé aux coordonnées XU548385, environ un kilomètre et demi à l’Ouest de la position du bataillon. C’était la seule source d’eau potable pour toutes les troupes défensives. C’est pourquoi le Poste de Commande du bataillon envisage que si l’ennemi encercle et attaque le bataillon, il prendrait contrôle de ce ruisseau avant tout, pour interdire l’approvisionnement principal d’eau potable des troupes défensives. Par conséquent, les unités ont dû utiliser des bidons pour emmagasiner suffisamment d’eau potable pour une semaine si elles sont encerclées et attaquées. En particulier le 16/5/71, le Général Hieu visite le bataillon et donne ordre au PC de la 5è Division de procurer davantage de bidons d’eau et de munitions qui augmenteraient la capacité de résistance des troupes défensives d’environ deux semaines, au cas le bataillon est encerclé et complètement isolé.

Le Général Hieu a visité le 1/8è Bataillon à Snoul à maintes reprises. Ce dernier était un bataillon qui opérait tout seul à un avant-poste le plus éloigné, le plus enfoncé dans le territoire ennemi. Le Général m’a dit la vérité à propos des B52, "Ne croyez pas à la promesse des américains à propos des B52; vous devez compter sur vos propres moyens pour survivre dans la défense de la position de cet avant-poste qui devrait être tenu à tout prix si vous ne recevez pas l’ordre du repli. Vous devez prendre les initiatives en matière de sécuriser la vie de votre bataillon et de la compagnie blindée qui est attachée à votre unité. Si je vous donne ordre du repli, vous devez faire semblant de donner ordre de tenir à tout prix dans la radio, sachant que les Viet Cong écoutent certainement votre communication dans la radio, et demande au Colonel Dzan de faire bombarder par les B52 le long de la route dont vous comptez battre en retraite vos troupes. Après quoi, battre en retraite rapidement!"

OPERATION DEFENSIVE DU 1/8E BATAILLON

Le 1/8è Bataillon et la compagnie blindée sont attaqués, encerclés et isolés par deux bataillons appartenant au E6è Régiment et deux bataillons appartenant au 174è Régiment depuis le matin du 24/5/71 au 27/5/71. En plus, la puissance de tir anti-aérien et d’artillerie neutralise la capacité d’évacuation médicale et de ravitaillement de l’armée de l’air et de l’US Air Cavalry pendant ces journées.

Environ 23:00H le 23/5/71, une équipe d’embuscade de la 2è Compagnie fait contact avec l’ennemi à l’Ouest, à 500 m en dehors du périmètre C. Le PC du Bataillon l’ordonne de se replier au périmètre A. Environ 23:50H, deux équipes d’embuscade de la 1è Compagnie et la 3è Compagnie à peu près 300 m Sud et Est du périmètre C rencontrent également l’ennemi et sont ordonnées de se replier au périmètre A. Le Capitaine Bao, Commandant Adjoint du 1/8è Bataillon, écoute la radio ennemi et l’entend en train de manœuvrer deux bataillons du E6è Régiment et deux bataillons du 174è Régiment pour encercler et attaquer le 1/8è Bataillon. Ce dernier envoie un message en code au 8è Régiment demandant que l’artillerie soit prête à tirer sur les cibles quand demandées. Les équipes d’affût reçoivent l’ordre de déployer les mines automatiques de Claymore et d’obus d’artillerie à 50 m au-delà du périmètre C, puis de se replier silencieusement au périmètre A. Entre-temps l’alerte est communiquée aux troupes défensives. Tous les ordres entre les unités du bataillon sont donnés verbalement, maintenant le silence absolu à la radio.

Environ 02:00H le 24/5/71, trois mines automatiques situées à l’Ouest de la 2è Compagnie explosent, et les trompettes ennemies sonnent l’assaut à l’Ouest, Nord et Est de la 2è Compagnie et la 3è Compagnie. Le tir des chars en conjonction avec le tir des 2è et 3è Compagnies, les explosions abasourdissantes des mines automatiques en dehors du périmètre C, avec les obus lumineux et le tir d’artillerie provenant du PC du 8è Régiment, répondent à temps au premier assaut ennemi. Le tir intensif des troupes défensives étouffe les trompettes ennemies dans les cinq minutes. Cependant, le tir de notre artillerie aussi bien que le tir des chars et de l’infanterie continue à acharner avec précision, sous la lumière créée par les mortiers de 81 mm 60 mm et le tir de l’artillerie provenant du PC du 8è Régiment. La 2è Compagnie voit des centaines de troupes ennemies fauchées dans les forêts de caoutchouc, tandis que la 3è Compagnie ne peut pas voir clairement les cadavres ennemies parce que les forêts de bambous étaient trop denses et aussi parce que l’ennemi ne s’est pas montré à temps au périmètre C de l’Est et du Nord-Est. Le Capitaine Bao entend dans la radio que l’ennemi est ordonné de se replier environ 02:30H, tandis que l’artillerie ennemie commence à mettre la pression sur les troupes défensives et le PC de la 8è FF. Environ 03:30H, quatre hélicoptères armés de la Company A/3/17/USAC commencent à tirer sur les unités ennemies en retraite à un kilomètre du périmètre C; cependant, en moins de dix minutes ils doivent quitter à cause du tir anti-aérien intensif de l’ennemi. Heureusement, aucun hélicoptère n’a été touché par les balles anti-aériennse de l’ennemi.

Environ 04:30H, deux mines automatiques fabriquées des obus d’artillerie explosent au Sud du périmètre C, en même temps une mine Claymore automatique explose au Sud-est en dehors du périmètre C. Immédiatement des obus luminescents sont lancés en l’air des mortiers de 81 mm et 60 mm du bataillon pour permettre à la 1è Compagnie de voir clairement l’ennemie en formation latérale sur QL13 à 50 mètres en dehors du périmètre C. Faisant suite sont les sons assourdissants des tirs d’artillerie et des troupes défensives, les explosions de mines d’obus d’artillerie provenant du PC de la 8èTF et des barrages d’artillerie ennemie qui étouffent les sons à l’assaut des trompettes ennemies. Les combattants de la 1è Compagnie et de l’unité blindée tirent à volonté sur les cibles mouvantes et contrôlent complètement le champ de bataille. Impuissant devant le tir de nos troupes, l’ennemi est forcé de battre en retraite après vingt minutes de combat. Cependant, l’ennemi augmente le tir d’artillerie pour couvrir le repli et pour mettre de la pression et pour causer des dommages à nos troupes.

Environ 08:00H le 24/5/71, les équipes d’affût des compagnies sont rétablies, et chaque compagnie dépêche un peloton pour chercher à 300 mètres en dehors du périmètre C. L’ennemi a laissé des cadavres défigurés et beaucoup d’armes détruites par les mines automatiques fabriquées d’obus d’artillerie des troupes défensives.

Environ 08:50H, trois hélicoptères d’évacuation médicale de la Company A/USAC essaient d’atterrir sur le PC du bataillon, sous le couvert de deux hélicoptères armées, afin d’évacuer quatre morts et douze blessés ; cependant, ils n’ont pas pu atterrir après deux tentatives sous le feu d’anti-aérien et d’artillerie de l’ennemi aux alentours du bataillon.

Environ 12:00H, la 2è Compagnie, renforcée par un peloton blindé lance une attaque de reconnaissance à une position d’anti-aérien ennemi à l’Est à 250 mètres en dehors du périmètre C. Le 5è Peloton mené par le Sous Lieutenant Tao fait contact avec un bataillon ennemi caché dans les tranchées dans la forêt de caoutchouc. Le Capitaine Thao manœuvre immédiatement les deux pelotons restants avec le peloton blindé pour attaquer le flanc droit de l’ennemi afin de dégonfler la pression ennemie; cependant, l’ennemi réagit férocement, tandis que le Capitaine Bao entend dans la radio que l’ennemi est en train de manœuvrer un bataillon provenant du Nord pour attaque l’arrière de la 2è Compagnie. Le Commandant du Bataillon conduit la compagnie blindée restante avec le peloton de reconnaissance à travers le périmètre C pour couvrir le flanc droit et l’arrière de la 2è Compagnie. Le repli des troupes est réussi sous le couvert d’artillerie provenant du PC de la 8è FF et le tir des chars et des mortiers organiques du bataillon. Notre côté a dû souffert deux morts et six blessés.

Pendant toute la journée du 24/5/71, l’ennemi emploie le barrage d’artillerie avec des obus de 107 mm et des roquettes de 120 mm pour asséner continuellement le camp du 1/8è Bataillon. Les troupes défensives continuent à creuser la terre pour créer des tranchées comme des trous de rats, mais les obus à explosion ralentie pénètrent un mètre dans le sol avant d’exploser, créant des trous de deux mètres de diamètre qui causent de grands dommages à nos troupes. D’ailleurs, ces obus n’ont pas besoin de tomber directement sur les couvercles d’entrée mais seulement à proximité pour tuer les troupes à cause de la pression foudroyante créée par l’explosion.

Pendant la nuit du 24/5/71, nos équipes d’embuscade et d’affût font des contacts successifs avec les commandos et éclaireurs ennemis. Et les mines automatiques en dehors du périmètre C explosent également souvent. Cependant, l’ennemi n’a pas attaqué aussi farouchement que la nuit précédente, bien que les roquettes ennemies deviennent plus intenses que la nuit précédente.

Le 25/5/71, basé sur les contacts avec l’ennemi pendant la nuit du 24/5/71, sur le nombre de mines automatiques explosées et sur les interceptions radiophoniques de l’ennemi, le PC du Bataillon détermine que le périmètre C est la ligne tactique principale pour les troupes défensives d’interdire à l’ennemi d’observer et d’ajuster les tirs d’artillerie et de roquettes. Par conséquent, chaque compagnie augmente les équipes d’embuscade et les stations d’affût. En plus, chaque compagnie organise une équipe de reconnaissance à longue portée pour approcher de près les positions ennemies afin de vérifier l’information obtenue par les interceptions radiophonique de l’ennemi. Le résultat est que, en fait, l’ennemi est en train de creuser des tranchées et tunnels autour du périmètre C afin d’encercler nos troupes et de se cacher contre le tir de notre artillerie et notre armée de l’air. Par contre, l’ennemi est totalement inconscient des interceptions radiophoniques par le 1/8è Bataillon. Un bon nombre d’avions ont attaqué les cibles d’anti-aérien et d’artillerie pour soutenir les hélicoptères d’évacuation médicale et de ravitaillement; cependant, ces hélicoptères n’ont pas pu atterrir parce que le tir anti-aérien et d’artillerie ennemi a été plus féroce que le jour précédent. Ceci signifie que l’ennemi a intensifié le tir anti-aérien et d’artillerie pour isoler complètement le 1/8è Bataillon avec l’intention de capturer vivant ou de tuer entièrement les troupes défensives.

Environ 09:00H, l’équipe d’embuscade de la 3è Compagnie emploie des mines Claymore contrôlées à distance pour détruire complètement un group d’éclaireurs ennemis, à peu près 100 mètres à l’Est du périmètre C, et capture un officier indicateur d’artillerie qui a été gravement blessé. Basé sur l’information obtenue de ce prisonnier, le 1/8è Bataillon est encerclé par deux bataillons du E6è Régiment de la 5è Division VC du Nord-est au Sud-est, et deux bataillons du 174è Régiment du Nord-ouest au Sud-ouest. Et l’ennemi est en train d’employer la 7è Division VC et des unités locales pour organiser le barrage d’artillerie et des attaques contre la 8è FF. Le Colonel Dzan a rapporté cette information au Général Hieu et a demandé des renforts pour la force de frappe.

Environ 11:00H, le Colonel Dzan donne ordre de tenir à tout prix de la part du Général Hieu, et annonce que le Général Hieu a rapporté au Général Commandant du 3è CA pour venir au secours du 1/8è Bataillon et la 8è FF, et pour détruire l’ennemi en employant la Force de Frappe d’Assaut du CA venant de Loc Ninh et les forces de frappes amies venant du Sud-ouest de Snoul. Le 1/8è Bataillon continue à augmenter les pièges minés autour de la position défensive, sous le tir constant de l’artillerie ennemie, tandis que le moral des troupes défensives est élevé à la nouvelle de la venue des forces de secours.

Environ 13:00H, le peloton de reconnaissance rampe à l’Ouest pour surveiller la situation de l’ennemi au ruisseau, aux coordonnées XU548385, et fait contact avec un peloton ennemi, à 300 mètres du périmètre C. Le Capitaine Bao entend dans la radio que l’ennemi est ordonné de ne pas permettre aux troupes défensives d’atteindre le ruisseau pour obtenir de l’eau potable. Le peloton de reconnaissance se replie pour conserver les forces et fait semblant de complaindre aux commandants de compagnie du manque d’eau et de demander un ravitaillement d’eau potable d’urgence aussi bien que de munitions par hélicoptère.

Le 26/5/71, pendant toute la journée il n’y a que des petits combats entre des petites unités des deux côtés en dehors du périmètre C. En plus, les hélicoptères d’évacuation médicale et de ravitaillement continuent à ne pas pouvoir atterrir, à cause de l’augmentation du tir anti-aérien et d’artillerie ennemi qui devient plus intensif que le jour précédent, le 2(/5/71

Le 27/5/71, plusieurs avions et hélicoptères armés bombardent et tirent à tour de rôle sur les positions d’artillerie et d’anti-aérien ennemies pour couvrir les hélicoptères de ravitaillement et d’évacuation médicale; cependant la puissance de tir ennemi continue à tirer sur les troupes défensives, en dépit du fait que la zone d’atterrissage des hélicoptères ait été déplacée à maintes reprises. C’est pourquoi le 1/8è Bataillon est en fait attaqué, encerclé et isolé par deux bataillons appartenant au E6è Régiment et deux bataillons appartenant au 174è Régiment depuis le matin du 24/5/71 au 27/5/71. En plus, la puissance de tir anti-aérien et d’artillerie neutralise la capacité de ravitaillement et d’évacuation médicale de l’armée de l’air et de l’US Air Cavalry pendant ces journées.

Environ 08:00H le 28/5/71, le bataillon reçoit un message en code du PC de la 8è FF donnant ordre d’abandonner le camp et de battre en retraite pour lier avec le 2/7è Bataillon au marché de Snoul le matin suivant du 29/5/71.

Environ 09:00H, le 2nd Peloton de la 1è Compagnie, renforcé par le peloton de reconnaissance sous la commande du Lieutenant Chinh lance une opération de reconnaissance sur le sentier le long du QL7 menant du périmètre C au marché de Snoul, et emploie la tactique de diversion pour tendre l’embuscade à l’ennemi sur ce sentier en cas le peloton de reconnaissance fait contact avec l’ennemi. Le peloton de reconnaissance continue à fouiller à l’avance tandis que le 2è Peloton commence à établir un emplacement d’embuscade à l’arrière le long du sentier avec environ 30 mines Claymore contrôlées à distance, à peu près 400 mètres du périmètre C. Après avoir quitté la position du 2è Peloton environ 250 mètres, le peloton de reconnaissance rencontre un contact avec l’ennemi, qui fait deux soldats légèrement blessés; le peloton de reconnaissance se replie tout en retournant le feu pour inciter l’ennemi. Le Capitaine Bao entend dans la radio que le commandant de bataillon ennemi donne ordre à une compagnie de poursuivre et détruire le peloton de reconnaissance. L’ennemi lance une poursuite pressante derrière nos troupes. Le 2è Peloton attend patiemment pour tout le peloton ennemi entre entièrement dans le piège des mines Claymore contrôlées à distance. Dès que le peloton de reconnaissance dépasse le 2è Peloton, les 30 mines Claymore sont détonnées simultanément. Un peloton de tête de pont ennemi entier est fauché, tandis que le tir d’artillerie provenant de la 8è FF et des mortiers organiques de 81 mm du 1/8è Bataillon tombent sur la tête des unités ennemies qui suivent derrière.

Environ 17:00H, le Commandant du 1/8è Bataillon demande de parler au Commandant Hung, Chef du 3è Bureau du 8è Régiment pour converser à ouvert par radio. Il dit, "J’ai reçu ordre de tenir ma position à tout prix et la bonne nouvelle que nous obtiendrons le soutien aérien des B52; néanmoins au moment présent beaucoup de soldats sont tombés malades pour manque d’eau après cinq jours de combat sans ravitaillement et sans évacuation médicale. Je crains qu’ils se rendent dans les 24 heures s’ils ne reçoivent pas immédiatement du ravitaillement d’eau potable. Par conséquent, je vous demande de transmettre ma demande à Aigle la permission d’attaquer et d’occuper le ruisseau demain matin afin d’obtenir de l’eau potable. J’ai peur que deux bataillons ennemis nous attaqueront de l’arrière et du flanc, depuis la position du bataillon au marché le long de la route QL7, si nous déployons les troupes demain. Par conséquent, je vous demande de prier Aigle de concentrer les frappes de B52 en boîtes le long de la route QL7, afin de raser à plat une bande d’un kilomètre des deux côtés de cette route. Ceci nous permettrait de subjuguer l'ennemi à l'emplacement du ruisseau." Commandant Hung répond intelligemment, "Je comprends parfaitement votre demande, je la passe à Aigle immédiatement." Environ une demi heure plus tard, le Colonel Dzan rappelle par radio au Commandant du 1/8è Bataillon, "Votre demande a été approuvée, cependant vous devez attendre les frappes en boîtes des B52 de votre position au marché pour couvrir votre flanc et votre arrière avant que vous attaquiez le ruisseau." Le Commandant du 1/8è Bataillon réplique, "Bien entendu, mon Colonel."

La nuit du 28/5/71, les compagnies enterrent leurs morts, et laissent seulement deux groupes d'affût au périmètre C. L’artillerie provenant du PC de la 8è FF continue à tirer sur le ruisseau et la route QL7 de la position du bataillon jusqu’au marché de Snoul, tandis que l’ennemi augmente la puissance de tir d’artillerie sur le bataillon toute la nuit. Les mortiers de 60mm et 81mm du bataillon continuent à tirer des obus lumineux pour prévenir les attaques de surprise ennemies; cependant l’ennemi n’attaque pas en masse comme dans la nuit du 23/5/71.

Les Raisons pour l’Echec du E6è et 174è Régiments VC

Le terrain aux alentours de la position défensive du 1/8è Bataillon présente plusieurs désavantages aux deux Régiments ennemis dans leur plan d’utiliser la masse9 pour écraser les troupes défensives avec des attaques en vagues humaines, parce que les forêts de bambous, qui étaient très épais aux trois côtés Nord, Est et Sud du camp, ont complètement interdit à l’ennemi de déployer rapidement les troupes en colonne. En plus, les bambous ne sont pas suffisamment durs pour parer contre la puissance de tir direct et le soutien d’artillerie de notre côté, et l’ennemi a subi de lourdes pertes dans les deux premiers assauts contre les troupes défensives le matin du 24/5/71. En particulier, au côté Est, bien que l’ennemi aurait pu déployer deux bataillons entiers pour faire l’assaut en masse contre les troupes défensives, cependant il a été neutralisé par les mines automatiques fabriquées à partir des obus d’artillerie, par les mines Claymore automatiques, par la puissance de tir direct des chars M41 et des troupes d’infanterie, et par les tirs de soutien d’artillerie provenant du Poste de Commande de la 8è FF.

L’ennemi n’a également pas pu créer la surprise dans son plan d’assaut à cause de nos mines automatiques aussi bien que de nos équipes d'affût et d'embuscade.[9]

En plus, l’ennemi a complètement sous-estimé le facteur de sécurité[9] sur les lignes de communications. Toutes ses conversations ouvertes par radio ont été interceptées par le Capitaine Bao et utilisées pour lancer des opérations préventives contre l’ennemi. Le facteur de sécurité a été également la raison pour l’absence de l’élément de surprise dans leur plan d’attaque contre nos troupes.

L’ennemi a été subjectif dans le ratissage et l’écoute des conversations ouvertes par radio des troupes défensives. Depuis 24/5/71 à la nuit du 28/5/71, l’ennemi applique la bataille de tirs d’artillerie jours et nuits pour infliger des pertes et pour énerver nos troupes défensives; cependant le 1/8è Bataillon et la compagnie blindée ont seulement souffert des pertes relativement mineures sous la puissance de tir d’artillerie ennemie. Les raisons principales ont été le déploiement vastement dispersé des troupes défensives, les bunkers fortifiés, et le manque de précision du tir d’artillerie et de rockets ennemi. Le terrain défensif n’a pas permis à l’ennemi d’observer à distance pour ajuster le tir sur ces cibles. Parce que, afin d’ajuster le tir d’artillerie et de rockets avec précision, les scouts ennemis devraient ramper tout près du périmètre C pour observer; cependant, ces scouts rencontrent des mines automatiques, des équipes d’embuscade et des équipes d’affût des troupes défensives. La subjectivité ennemie lui a causé de se confier totalement à l’écoute discrète des communications par radio de nos troupes pour ajuster la puissance de tir d’artillerie et de rockets. Mais alors, les tirs qui tombent avec précision sur les positions défensives ont été rapportés au PC de la 8è FF comme ne pas causer de dommages parce qu’ils tombent trop loin des positions défensives, tandis que les tirs qui tombent très éloignés du périmètre C ont été rapportés au PC de la 8è FF comme causant de lourdes dommages.

La subjectivité a également causé l’ennemi d’être trompé par la tactique de diversion des troupes défensives. Depuis 25/5/71 au 28/5/71, les compagnies complaignent constamment au CP de la 8è FF que le manque d’eau potable a causé beaucoup de soldats de tomber malades et déprimés. Et les compagnies demandent à cor et à cri du ravitaillement d’eau potable, ou d’être permis d’attaquer tout de suite le ruisseau pour obtenir de l’eau potable. L’ennemi a complètement cru les conversations par radio interceptées des troupes défensives, parce qu’il sait que les hélicoptères de l’US Air Cavalry ont été interdits de procurer les opérations de ravitaillement et d'évacuation médicale en soutien du 1/8è Bataillon à cause de la puissance de tir anti-aérien et d’artillerie. Par conséquent, la subjectivité ennemie croit que en encerclant et en versant sur les troupes défensives des tirs lourds pour interdire le ravitaillement et l'évacuation médicale par hélicoptères, il serait suffisant pour forcer les troupes défensives à se rendre à cause du manque de l’eau potable. En réalité, l’ennemi a été trompé par les troupes défensives usant une "tactique de délai" pour attendre la force de secours, dans la tactique "Attirer le Tigre à Descendre de la Montagne" du Général Commandant du 3è C.A. et du Général Hieu.

Le 1/8è Bataillon et la Compagnie Blindée Se Replient
Sous Pression d’Attaques de Deux Régiments Ennemis

Environ 05:00 H le 29/5/71, les équipes d’affût rampent secrètement au périmètre C, tandis que le peloton de reconnaissance quitte le PC du 8è Bataillon pour reconnaître le sentier et QL7 Sud du camp. Toutes actions des troupes défensives sont conduites sous le couvert du silence de radio.

Environ 06:30 H, le PC du 8è Bataillon reçoit un signal de trois "Click" dans la radio. Selon le code préalablement établi, le PC du 8è Bataillon comprend que l’ennemi s’est éloigné des tranchées de combat individuelles situées entre la position du bataillon et le marché de Snoul le long de la route QL7 et le sentier.

Environ 07:00 H, le PC issue verbalement les ordres opérationnels comme suit :

Le bataillon appliquera la tactique de diversion, la vitesse, le secret total et la puissance de tir combinée de l’arme blindée et l’infanterie pour battre en retraite le 29/5/71.[9]

(1) La 1è Compagnie mène le repli, avance rapidement vers le marché de Snoul du côté gauche de QL7 pour lier avec le 2/7è Bataillon au marché de Snoul.

(2) La 2è Compagnie mène également le repli, avance rapidement vers le marché de Snoul du côté droit de QL7 pour lier avec le 2/7è Bataillon au marché de Snoul.

(3) La compagnie blindée (-) suit la 2è Compagnie, avance en formation latérale pour couvrir le flanc droit de la 2è Compagnie et est responsable du transport des soldats gravement blessés et les batteries de mortiers 80 mm du bataillon.

(4) La 3è Compagnie renforcée par un peloton blindé est responsable de couvrir l'arrière et de ramasser les soldats blessés et tués en action du bataillon sur leur chemin.

(5) Le peloton de reconnaissance abandonne sa position d’affût pour lier en premier lieu avec le 2/7è Bataillon au marché de Snoul.

(6) Le PC du 1/8è Bataillon suit de près la 1è Compagnie.

Les instructions de coordination sont issues comme suit :

(1) L’ordre du repli est donné par radio en code, "Les unités doivent continuer à creuser les tranchées de combat individuelles pour tenir les positions à tout prix" environ 08:50H

(2) Les unités doivent appliquer la tactique de secret total en laissant en arrière toutes les tentes et les hamacs, et en gardant le silence total jusqu’au moment où l’ordre de repli est reçu.

(3) Les soldats devraient être expliqués méticuleusement l’importance de la vitesse foudroyante par ordre verbal; en particulier, il est impératif qu’ils ne s’allongent pas par terre quand l’ennemie ouvre le feu des tirs directs ou des tirs d’artillerie, parce que le délai dans le déplacement serait fatal au repli des troupes.

(4) Les unités doivent prévoir les opérations d’évacuation médicale mutuelles, pourvu qu’elles ne retardent pas l’avance rapide des troupes.

Environ 08:30H, le 2/7è Bataillon prend contrôle de la situation au marché de Snoul.

Environ 09:00H, le PC du 1/8è Bataillon entend un signal de quatre "Click" envoyé par le peloton de reconnaissance par radio, ce qui indique que les forces ennemies ont complètement abandonné les positions le long de la route de repli du bataillon. Le Commandant du Bataillon donne ordre par radio de continuer à creuser les tranchées de combat individuelles pour tenir les positions à tout prix. En moins de dix minutes, les dernières unités de la 3è Compagnies ont quitté le camp pour courir derrière le peloton blindé. Le Capitaine Bao entend clairement l’ennemi hurler dans la radio, "Nous avons été trompés par les salauds. Toutes les unités doivent retourner immédiatement à leurs positions pour les encercler et les tuer tous."

Environ 09:20H, la 2è Compagnie et les chars voient clairement l’ennemi en colonne au flanc droit depuis la forêt de caoutchouc, courant et tirant sur nos troupes. Pendant ce temps là, la 1è Compagnie et le PC du 1/8è Bataillon sont également sous le feu des tirs directs provenant de la forêt dense de bambous au flanc gauche. L’artillerie ennemie commence à tirer en salve sur l’axe de repli du bataillon, tandis que la 3è Compagnie rapporte que l’ennemi la suit de près sur ses talons, et demande aux troupes de ponts d’avancer plus rapidement. En dépit de la puissance de feu ennemi, les troupes d’infanterie et d’arme blindée continuent à courir et à tirer sur l’ennemi. La puissance de feu d’artillerie provenant du PC du 8è FF commence aussi à frapper sur les axes d’avance de l’ennemi, forçant l’ennemi à retarder d’attaquer le flanc droit de la 2è Compagnie, permettant aux compagnies le temps d’emporter les soldats blessés avec elles.

Environ 09:30H, quatre hélicoptères de l’US Air Cavalry survolent bas au-dessus de la tête du Bataillon pour apporter du soutien dans cette bataille épique entre l’ennemi et nous. Heureusement, la puissance de feu anti-aérien ennemi demeure silencieuse. La raison est que l’ennemie avait peur des B52s et avait fait replier toutes ces troupes d’infanterie aussi bien que les positions anti-aériennes la nuit précédente. Et les hélicoptères armés dominent le ciel pour détruire les positions ennemies aux flancs droit et gauche et à l’arrière de la 3è Compagnie. Pendant ce temps, les tirs puissants des chars et des troupes de l’infanterie en combinaison détruisent des centaines de troupes ennemies impuissantes dans les forêts de caoutchouc, sur le flanc droit de la 2è Compagnie, dans leur effort de lancer désespérément des assauts contre l’avance rapide de tout le bataillon et la compagnie blindée. Le Général Hieu, Commandant de la 5è Division, survole également avec courage dans l’hélicoptère de commande à ras les arbres de caoutchouc et donne ordre au bataillon d’avancer plus rapidement afin d’éviter l’effort d’encerclement ennemi dans cette épique bataille. L’apparition soudaine du Général Hieu au-dessus de la force en repli stimule également l’esprit des combattants et les fait courir plus rapidement à travers la puissance de feu d’artillerie ennemie.

Environ 10:30H, la totalité du 1/8è Bataillon et chars lient avec le 2/7è Bataillon au marché de Snoul. Tous les chars sont saufs et le 1/8è Bataillon subit seulement des pertes relativement mineures et a réussi à ramener tous les soldats blessés au PC de la 8è FF à Snoul.

Les Raisons de la Réussite dans le Repli du 1/8è Bataillon et Compagnie Blindée

La tactique de diversion[9] a été le principal facteur de la réussite dans le repli sous la pression d’attaque et d’encerclement de deux régiments ennemis pendant cinq jours et cinq nuits au camp de 1/8è Bataillon. Si l’ennemi continue à occuper les tranchées de combat individuelles creusées le long de l’étendue entre le marché de Snoul et la position de 1/8è Bataillon, le bataillon aurait subi des pertes très lourdes, s'il avait la chance de percer à travers la position de combat ennemie. Si le bataillon n’arrivait pas à percer à travers la position de blocage ennemie, il serait certain que la totalité de 1/8è Bataillon et la compagnie blindée seraient encerclés et annihilés par les deux régiments ennemis.

En plus de la tactique de diversion, le facteur vitesse a été le premier facteur pour la réussite du repli.[9] Les combattants ont compris que tout délai dans le repli leur amènerait la mort, par conséquent tous les combattants ont démontré la volonté de continuer à courir et à tirer sur l’ennemi en dépit de la puissance de feu ennemi.

Les actions combinées du déploiement de l’entière troupe, la puissance de feu de l’arme blindée et infanterie, et des unités d’artillerie[9] et la puissance de feu aérien de l’US Air Cavalry ont neutralisé l’effort d’encerclement et d’assaut de deux régiments ennemis.

Le Général Hieu a démontré du courage quand il s’était montré parmi les combattants en pleine action et a stimulé la volonté de combat et la confidence de tous les combattants en repli faisant face avec la puissance de feu et les attaques de deux régiments ennemis.[10,11]

8è FF Se Replie sous la Pression d’Assaut et d’Encerclement des Deux 5è et 7è Divisions VC

LE CHOIX DE LIGNES DE CONDUITE

Ce repli est un quasi suicide, parce que la 8è FF doit battre en retraite sans aide sous les encerclements et attaques incessants de deux Divisions VC, la 5è et 7è, depuis 25/5/71 au 31/5/71. La tactique de diversion en usant la radio n’est plus efficace parce que l’ennemie a compris la manipulation de la radio de nos troupes! Les deux forces de frappe au Sud Ouest Snoul demeurent immobiles à leurs positions pendant ces journées-là, tandis que la Force de Frappe d’Assaut (FFA) du 3è C.A. opérant au Sud de la Plantation Chup jusqu’à 29/5/1971 reçoit seulement l’ordre du 3è C.A. de se déplacer à Thien Ngon (Tay Ninh), et est seulement attachée à la 5è Division qu'à partir du 31/5/71. La 8è FF ne peut compter seulement que sur le soutien de puissance de feu aérien de l’US Air Cavalry dans ce repli de suicide. Par conséquent, le Colonel Dzan, Commandant de la 8è FF, doit peser prudemment entre deux solutions dans l’accomplissement de son devoir inévitable.

(1) Appliquer la Tactique de Délai

Afin d’appliquer la tactique de délai, la 8è FF doit avoir trois principales conditions pour préserver l’intégrité du repli des forces et limiter les pertes. La première condition est que la force de frappe doit posséder un effectif de force équivalent à celui de l’ennemie. La seconde condition est que la force de frappe doit avoir une force de secours supplémentaire pour au moins menacer le flanc droit et l’arrière de l’ennemi, aussi bien que pour procurer le soutien de puissance de feu à la force de frappe dans son repli. La troisième condition est que l’arrière de la route de repli doit être protégé. Malheureusement, la 8è FF ne possède pas ces trois conditions. Elle fait face à une force ennemie cinq à six fois plus forte, tandis que les deux forces de frappe au Sud Ouest demeurent immobiles, et la FFA du 3è C.A. n’est pas encore attaché à 5è Division pour protéger l’arrière du repli de la 8è FF. Néanmoins, la 8è FF a un avantage que l’ennemi n’a pas: Compagnie A de l’US Air Cavalry fournit un soutien direct à la force de frappe dans ce repli. Par conséquent, le Colonel Dzan doit se demander, "Est-ce que le soutien de tir aérien de cette compagnie de l’US Air Cavalry est suffisant pour remplacer les trois conditions essentielles mentionnés ci-dessus ?" Trois éléments sont nécessaires pour la réussite du soutien aérien; ce sont: la puissance de feu anti-aérien, le temps, et le terrain. De 24/5/71 au 29/5/71, le temps est excellent, très favorable pour le soutien aérien, cependant la capacité anti-aérienne ennemie est insupportable, au point que les pilotes ne peuvent pas atterrir pour l’évacuation médicale et le ravitaillement au 1/8è Bataillon. En outre, le terrain de la région opérationnelle est totalement défavorable au soutien aérien, parce que les forêts de caoutchouc et de bambous sont trop épaisses entre Snoul et la frontière vietnamienne. Par conséquent, l’US Air Cavalry a difficulté d’identifier et discerner entre les déplacements des troupes amies et celles d'ennemi au sol, à l’exception le long des deux côtés de Sud Ouest QL13 qui ont été éclaircis de 50 mètres de largeur. En plus, l’US Air Cavalry ne possède pas des officiers de liaison au sol près des unités d’infanterie pour ajuster les tirs demandés directement par la 8è FF. Basé sur les conditions du champ de bataille du moment, le Colonel Dzan calcule que l’US Air Cavalry ne peut pas remplacer les trois principales conditions qui manquent pour la survie de la 8è FF dans le plan de cette tactique de délai. Par conséquent, le Colonel Dzan voit clairement que, si la tactique de délai est appliquée dans ce cas, les deux divisions ennemies auraient du temps pour manœuvrer les troupes du Nord Est au Nord Ouest de Snoul pour encercler, découper les unités et annihiler la totalité de la 8è FF.

(2) Appliquer la Tactique de Repli par Surprise et en Vitesse [9]

Selon cette tactique, la 8è FF doit se résigner à des pertes très lourdes; en particulier, les équipements lourds et encombrés ne peuvent pas être transportés proprement avec l’infanterie et les véhicules blindés. L’avantage de cette tactique est que l’ennemi n’a pas de temps pour manœuvrer deux divisions entières avec ses deux bataillons d’artillerie et anti-aériens pour encercler et organiser des tirs sur nos troupes qui ne peuvent pas profiter du couvert des bunkers en mouvement de repli. Il est évident qu’il vaut mieux souffrir des lourdes pertes que d’avoir l’entière force de frappe annihilée ou capturée vivante par deux divisions ennemies. En plus, la force de frappe a encore l’espoir d’avoir la chance de détruire la force ennemie ou d’infliger de lourdes pertes à l’ennemi pendant le repli. Par conséquent, le Colonel Dzan opte rationnellement d’appliquer cette tactique inférieure, "Primo offensive, secundo défensive, tertio évasion", pour préserver la vie de la 8è FF dans son devoir de ce repli quasi suicide.

CONCEPT DE L’OPERATION DE REPLI

Appliquer la tactique de diversion et la manoeuvre rapide des troupes sous le couvert du soutien de puissance de tir aérien de Compagnie A de l’US Air Cavalry, en deux phases : phase 1, les troupes se battront en retraite de Snoul à 3/9è Bataillon le 30/5/71; et phase 2; les troupes se battront en retraite de 3/9è Bataillon à FFA du 3è C.A., afin d’aboutir à Loc Ninh le 31/5/71.[9]

REPARTITION DU TRAVAIL PENDANT PHASE 1

(1) Le 1/8è Bataillon est renforcé par une compagnie de véhicules blindés M113, opère comme force principale, perce la position d’encerclement ennemie pour lier avec le 3/8è Bataillon et le 3/9è Bataillon le 30/5/71.

(2) Le 2/8è Bataillon couvre le flanc droit pour le 1/8è Bataillon jusqu’au moment où ce dernier lie avec le 3/8è Bataillon. Puis suit le 1/8è Bataillon pour constituer la principale force de réserve pour la force de frappe.

(3) Le PC de la 8è FF suit le 1/8è Bataillon.

(4) La compagnie d’affaires générales et le peloton médical sont responsables de ramasser les soldats blessés et tués du 1/8è Bataillon et du 2/8è Bataillon.

(5) Le 2/7è Bataillon est renforcé par une compagnie blindée, opère comme force couvrant l’arrière de la force de frappe.

(6) Le 3/8è Bataillon contre-attaque en sortant de la position défensive, se déploie pour couvrir le 1/8è Bataillon et le 2/8è Bataillon, prêt à se déplacer derrière le PC de la 8è FF depuis la position du 3/8è Bataillon à celle du 3/9è Bataillon pour constituer la force de réserve pour la force de frappe.

(7) Le 3/9è Bataillon emploie deux compagnies pour contre-attaquer hors de la position défensive, prête à couvrir et lier avec le 1/8è Bataillon le 30/5/71.

(8) Compagnie A de l’US Air Cavalry fournit le soutien direct pour le repli.

(9) Le bataillon d’artillerie utilise la moitié des obus en stock pour tirer sur les cibles ennemis situés au Nord Ouest et Nord Est pendant la nuit du 29/5/71 pour confondre l’ennemi dans la préparation du repli du lendemain 30/5/71, et emploie l’autre moitié des obus en stock pour tirer en salve sur les cibles ennemis le long des axes d’avance du 1/8è Bataillon et du 2/8è Bataillon le 30/5/71. Après quoi, il détruit les armements avant de battre en retraite.

INSTRUCTIONS DE COORDINATION

(1) Appliquer la vitesse pour combattre en va-tout si nécessaire pour éviter l’encerclement de l’ennemi.

(2) Maintenir le secret complet dans les communications par radio.

(3) Le 1/8è Bataillon et le 2/7è Bataillon déploient les troupes au Nord Ouest et Nord Est, emploient les équipes de reconnaissance et d’embuscade dans ces deux directions pendant la nuit du 29/5/71 pour confondre l’ennemi en préparation du repli du 30/5/71.

REPARTITION DU TRAVAIL PENDANT PHASE 2

(1) Le 3/8è Bataillon est renforcé par une compagnie blindée, opère comme force principale pour atteindre la frontière du VN, franchit la position de départ à 07:30H le 31/5/71 pour avancer le long du côté droit de QL13. Si nécessaire, le 3/8è Bataillon combattra en va-tout employant la tactique de vitesse pour percer l’encerclement de l’ennemi.

(2) Le 3/9è Bataillon couvre le flanc gauche du 3/8è Bataillon le long du côté gauche de QL13. Si nécessaire, le 3/9è Bataillon combattra en va-tout employant la tactique de vitesse pour percer l’encerclement de l’ennemi.

(3) Le PC de la 8è FF suit le 3/8è Bataillon.

(4) Le 2/7è Bataillon couvre le flanc droit du 3/8è Bataillon.

(5) Le 2/8è Bataillon opère en tant que force de réserve pour la force de frappe, suit derrière le PC de la 8è FF.

(6) Le 1/8è Bataillon continue à être renforcé par la compagnie de véhicules blindés M113, couvre l’arrière de la force de frappe.

(7) Compagnie A de l’US Air Cavalry fournit le soutien direct pour le repli.

DEROULEMENT DE LA PHASE 1 DE L’OPERATION

Dans la soirée du 29/5/71, le 1/8è Bataillon lance trois équipes d’embuscade et deux équipes de reconnaissance vers la direction Nord Ouest de Snoul, et les combattants du bataillon comprennent bien leur tâche de combattre en va-tout le jour suivant 30/5/71 pour ouvrir un sentier de sang pour les forces suivantes. Le concept opérationnel pour le 31/5/71 est semblable à celui pour le 29/5/71 dans le repli du 1/8è Bataillon du Nord au marché de Snoul; par conséquent, ils sont familiers avec la tactique à adopter de la force de frappe le jour suivant. Cependant, le 30/5/71, les combattants du 1/8è Bataillon réalisent bien qu’ils jouent le rôle des chevaliers "Samurai" pour attaquer directement l’ennemi et ne s’allongeront par terre que quand ils sont blessés ou morts.

La nuit du 30/5/71, le 1/8è Bataillon entend clairement plusieurs avions bombarder continuellement aux Nord Ouest et Nord Est de Snoul. Ce qui signifie que le Général Hieu est en train d’appliquer la tactique de diversion pour soutenir le planning de repli de la 8è FF du 30/5/71. Ces bombardements ont également le but de détruire et interdire les déplacements de l’ennemi de Nord Ouest et Nord Est de Snoul au Sud Est de la route de repli le 30/5/71.

Environ 08:00H du 5/30/71, l’armée de l’air bombarde les cibles le long de la route de repli de la 8è FF, aussi bien que les cibles tactiques pour interdire les manoeuvres d’encerclement de l’ennemie.

Environ 08:30H, l’artillerie de la 8è FF tire en salve sur l’axe d’avance du 1/8è Bataillon pour lier avec le 3/8è Bataillon qui est encerclé par l’ennemi.

Environ 09:00H, le 1/8è Bataillon emploie la 2è Compagnie et la 3è Compagnie ensemble avec la compagnie de véhicules blindés M113 comme force principale pour franchir la ligne de départ, tandis que la 1è Compagnie couvre le flanc gauche de la 2è Compagnie. Les Commandants, depuis le niveau de bataillon jusqu’au niveau de peloton, sont armés avec fusille individuelle M16 pour faire assaut contre le périmètre de front ennemi ensemble avec les soldats. Après avoir quitté la ligne de départ environ un kilomètre, le 1/8è Bataillon voit clairement l’ennemie qui est en train de se cacher dans des trous individuels dans les forêts de caoutchouc commencer à tirer en unisson quand le bataillon approche l’ennemi d'environ 200 mètres, tandis que l’artillerie commence à ouvrir feu en salve sur la route d’avance du bataillon. En dépit de la puissance de feu ennemi, la compagnie de véhicules blindés M113 ensemble avec le 1/8è Bataillon continuent à se déplacer tout en ripostant d’un arbre à l’autre en devant de l’axe d’avance, en dépit du fait que quelques soldats sont abattus.

Environ 09:40H, l’ennemi emploie les tirs d’artillerie le long de l’axe d’avance entier de la 8è FF, tandis que le périmètre du flanc droit du 2/8è Bataillon est percé par l’ennemi et doit courir vers le côté du 1/8è Bataillon. Heureusement, six hélicoptères armés de l’US Air Cavalry survolent à ras les arbres de caoutchouc et tirent sur l’ennemi en train d'assaillir le 2/8è Bataillon, et réussissent à stopper le premier assaut ennemi visé contre le 2/8è Bataillon. Pendant ce temps, le 1/8è Bataillon entend clairement dans la radio que le 2/7è Bataillon est pressé par le tir d’artillerie et des assauts à l’arrière. Le Général Hieu survole au-dessus du 1/8è Bataillon et donne ordre au bataillon de percer immédiatement à travers le périmètre défensif de l’ennemi à tout prix, pour ouvrir un sentier de sang pour la force de frappe qui est encerclée par l’ennemi à l’arrière. A ce moment-là, l’ennemi et nous se battent à 100 mètres, et ainsi le 1/8è Bataillon et la compagnie de véhicules blindés M113 n’ont pu compter seulement que sur la puissance de feu organique pour faire assaut à main portée avec l’ennemi qui se cachent dans les trous individuels.

L’ordre verbal de faire assaut est rapidement donné aux combattants à la ligne de front, comme les officiers commandants sont tous à la ligne de front avec leurs soldats à ce moment-là. En dépit de la puissance de feu au devant, au flanc droit aussi bien que le tir sans merci de l’artillerie ennemie, les chevaliers "Samurai" des unités blindées et d’infanterie ouvrent le feu et donnent assaut au périmètre défensif de l’ennemi. Les morts de l’ennemi et les nôtres s’entremêlent au-dessus des trous et des tranchées ennemis, tandis que les véhicules blindés continuent à écraser les soldats ennemis qui n’arrivent pas à sauter hors des trous individuels à temps. Le sang ennemi et le nôtre s’entremêlent dans cette bataille de corps à corps immémoriale et brève, qui dure moins de dix minutes et le 1/8è Bataillon et les héroïques combattants de l’unité blindée abattent les positions défensives de plus d’un bataillon ennemi. L’image du Commandant de Bataillon et du Commandant Adjoint du Bataillon qui éclatent en sanglots à cette position défensive, quand ils témoignent et entendent les supplications à percer le cœur des combattants sérieusement blessés gisant à côté des cadavres ennemies, "Je vous en supplie, Aigle, ne m’abandonnez pas, laissez-moi venir avec vous", suffit à décrire l’intensité de la dévastation et de la souffrance de cet assaut de kamikazes des unités d’infanterie et d’armes blindées. Les visages en souffrance profonde et les yeux en supplice des combattants qui sont laissés en arrière pour être ramassés par la compagnie des affaires générales, hantent encore souvent les rêves effrayantes vécues par le Commandant du 1/8è Bataillon sur cette terre de vie temporaire jusqu’en ces jours-ci.

Avançant comme des vagues se cassant contre les abords de la rivière, les chevaliers "Samurai" continuent à balayer les poches de résistance derrière la route liant avec le 3/8è Bataillon avec la section restante d’environ deux kilomètres. La majorité des poches de résistance ennemie ont été abandonnées avant l’apparition de nos troupes, et le 1/8è Bataillon et la compagnie blindée lient avec le 3/8è Bataillon environ 11:00H; néanmoins, le 2/8è Bataillon et le PC de la force de frappe sont encore cloués à l’arrière, parce que l’ennemi emploie les tirs d’artillerie et les attaques contre le flanc du 2/8è Bataillon. Le bataillon reçoit ordre de s’installer et de déployer à côté de la position du 3/8è Bataillon pour soutenir les unités d’arrière qui sont en train de combattre à force égale avec l’ennemi. Le Capitaine Bao a suffisamment du temps pour écouter les communications par radio ennemi et entend clairement l’ennemi donnant ordre aux unités de manœuvrer afin d’encercler et découper la 8è FF encore coincée en arrière, aussi bien l’ennemi complaignant vis-à-vis du déplacement des batteries anti-aériennes du Nord de Snoul au Sud Est de la région de bataille en court entre l’ennemi et nous. Le Capitaine Bao rapporte immédiatement au PC de la force de frappe l’intention de l’ennemi ; il entend également le Général Hieu donnant ordre à la force de frappe de rattraper avec le 1/8è Bataillon. Le Général Hieu lui-même courageusement ignore la puissance de feu ennemi, survole à ras les arbres de caoutchouc pour observer l’ennemi et donner ordre à l’US Air Cavalry de tirer sur les troupes ennemies en train d’attaquer le 2/8è Bataillon et le 2/7è Bataillon. Le Colonel Dzan et le Commandant du 1er Escadron Blindé rattrapent avec le 2/8è Bataillon pour attaquer l’ennemi sur le flanc droit du 2/8è Bataillon, portant soutien efficacement au 2/8è Bataillon dans son effort de virer vers la gauche afin d’avancer rapidement à travers l’ouverture créée par le 1/8è Bataillon pour continuer à lier avec le 1/8è Bataillon. Finalement, le PC de la FF, le 1er Escadron Blindé et le 2/8è Bataillon héroïquement vainquent l’ennemi sur le flanc droit pour ouvrir une route permettant au 2/7è Bataillon de suivre après, sous la pression des attaques féroces et des tirs d’artillerie ennemis. Heureusement, l’ennemi n’a pas le temps de déplacer les unités anti-aériennes du Nord Ouest et Nord Est de Snoul au Sud Est pour tirer sur les hélicoptères de soutien de l’US Air Cavalry. Par conséquent, les forces alliées ont pu détruire sans opposition les unités ennemies en manoeuvre pour encercler la 8è FF, sous l’instruction du Général Hieu.

Environ 12:00H, le 1/8è Bataillon et la compagnie blindée continuent à avancer de la position du 3/8è Bataillon à la position du 3/9è Bataillon, à peu près neuf kilomètres le long Sud Est de QL13. L’ennemi commence à augmenter l’intensité de tir d’artillerie quand le 1/8è Bataillon vient de quitter sa position, afin de retarder le repli de nos troupes; néanmoins, le 1/8è Bataillon et la compagnie blindée ignorent la puissance de feu d’artillerie ennemie et avancent à travers le parcours d’environ 200 mètres de longueur sous les tirs d’artillerie afin d’en finir avec les poches de résistance ennemie le long de QL13. Pendant cette phase, le 1/8è Bataillon et la compagnie blindée ne comptent seulement que sur leur puissance de feu organique, parce que l’US Air Cavalry accorde la priorité aux unités à l’arrière qui sont en train de combattre minutes par minutes avec l’ennemi afin d’échapper l’encerclement ennemi. Heureusement, le 1/8è Bataillon et la compagnie blindée rencontrent seulement que des poches de résistance et d’embuscade relativement faibles de l’ennemie, grâce au soutien de la puissance de feu des chars aussi bien que des manœuvres rapides des troupes des unités d’infanterie. Le 1/8è Bataillon et la compagnie blindée lient avec le 3/9è Bataillon environ 17:30H le même jour, tandis que le PC de la force de frappe et les unités suivantes doivent continuer à combattre avec l’ennemi qui suit de près à l’arrière aussi bien que à faire face à la tactique d’embuscade mobile ennemie le long de QL13.

DEROULEMENT DE LA PHASE 2 DE L’OPERATION

La nuit du 30/5/71, la 8è FF établie la défense à l’abord de la région défensive du 3/9è Bataillon, tandis que l’artillerie et l’armée de l’air tirent toute la nuit le long de QL13 pour détruire et prévenir les déplacements des troupes ennemies au Sud Est de QL13. Pendant cette nuit, le brouillard épais s’accumule à travers la nuit jusqu’environ 09:30H le 31/5/71 limitant la vision à moins de quinze mètres, causant le repli d’être retardé de deux heures.

De 07:30H à 09:30H le 30/5/71, l’artillerie de la FFA du 3è C.A. tire constamment sur les cibles sur la route de repli, avant que la 8è FF franchisse la ligne de départ pour lier avec la FFA du 3è C.A., récemment attachée à la 5è Division dans ce jour du 31/5/71.

Environ 09:30H, la force de frappe commence le repli se dirigeant vers le Sud de QL13 selon le plan, tandis que la FFA du 3è CA attaque également de la frontière vers Nord Ouest le long QL13, dans une tactique d’enclume et de marteau pour subjuguer l’ennemie. La puissance de feu des hélicoptères de l’US Air Cavalry commence aussi à tirer sur les cibles le long de QL13 pour couvrir les flancs des unités d’infanterie.

Environ 11:30H, le 3/8è Bataillon lie avec la FFA du 3è CA, tandis que le PC de la 8è FF tombe dans une embuscade mobile établie par l’ennemi, et le 1/8è Bataillon se bat férocement le long des deux côtés de QL13, environ 500 mètres de la position du PC de la 8è FF. Le Colonel Khoi prie le Colonel Dzan de stopper d’avancer et d’attendre que la FFA du 3è CA en finisse avec l’ennemie avant d’avancer, cependant le Colonel Dzan décide de combattre sans délai utilisant la tactique d’enclume et de marteau pour vaincre l’encerclement ennemi. Le PC de la 8è FF et le PC du 1er Escadron Blindé lancent des assauts contre la poche d’embuscade pour détruire l’ennemi, sous le soutien de la FFA du 3è CA et de l’US Air Cavalry. Le Lieutenant Colonel Dinh Van Toa, Commandant Adjoint du 8è Régiment, et Commandant Truong Hong Cam, Commandant Adjoint du 1er Escadron Blindé ont été tués dans cet assaut. La FFA du 3è CA également avance héroïquement pour détruire plus de 4/5 des forces ennemies.

Environ 12:30H, la FFA du 3è CA domine complètement le champ de bataille pour permettre à la dernière unité de la force de frappe, le 1/8è Bataillon de se replier vers la frontière.

Pourquoi les Deux Divisions VC Ont Echoué d’Encercler et Détruire la 8è FF ?

L’ennemi a été trompé par la tactique de diversion du Général Hieu et du Colonel Dzan dans la nuit du 29/5/71, et par conséquent a cru que la 8è FF lancerait une opération pour l’attaquer au Nord Ouest ou Nord Est le 30/5/71. Par conséquent, l’ennemi a commis la faute de n’avoir pas manœuvré les deux bataillons anti-aériens et de n’avoir pas engagé deux unités d’infanterie supplémentaires du Nord Ouest ou Nord Est au Sud Est pour participer directement au champ de bataille le 30/5/71 environ un kilomètre sur QL13 Sud Est de Snoul.

Le repli par surprise et en vitesse de la 8è FF et le soutien de puissance de feu de l’US Air Cavalry ont efficacement détruit et arrêté, ou du moins retardé les manœuvres des troupes ennemies du Nord Ouest ou Nord Est au Sud Est au champ de bataille réel le 30/5/71.

La volonté de combat des combattants de la 8è FF a reçu une stimulation par la présence permanente du Général Hieu quand, en dépit de la puissance de feu d’artillerie et d’infanterie ennemies, il survole de près les troupes ennemies afin d’observer et d’ajuster la puissance de tir de l’US Air Cavalry pour toucher les forces ennemies avec précision.[10,11]

Le Colonel Dzan et le Commandant du 1er Escadron Blindé ont décidé avec sagesse d’avancer courageusement de près avec le 2/8è Bataillon pour le soutenir quand le flanc de ce dernier a été affaibli sous les attaques ennemies aussi bien que de briser les efforts ennemis d’encerclement et de découpage contre le bataillon.

La FFA du 3è CA a joué un rôle important dans le repli de la 8è FF le 31/5/71. Par conséquent, la 8è FF a seulement subi des pertes mineures dans le repli du 31/5/71. En plus, la FFA du 3è CA a également neutralisé les efforts ultérieurs d’encercler et de détruire la 8è FF.

Guerre de Renseignements

Bien que le Général Hieu ait utilisé des clôtures électroniques[12] pour détecter les déplacements ennemis dans la région opérationnelle de sa Division, néanmoins l’ennemi était habile en évitant ces endroits contaminés. En plus, l’ennemi essayait toujours d’esquiver les opérations de reconnaissance conduites par la 8è FF aux alentours de Snoul à partir de 1971.

Vers mi mai, l’ennemi secrètement déplaçait la 7è Division VC aux alentours de Snoul pour coordonner avec la 5è Division VC pour préparer à encercler, organiser la bataille d’artillerie, et détruire l’entière 8è Régiment avec ses unités attachées. La planification ennemie a été si bien conservé sous couvert au point que nos renseignements et ceux de nos alliés étaient dans le noir.[7] Cependant, le Général Hieu, avec son sixième sens, dans un message codé daté le 4/5/71[12], a donné ordre d’organiser les positions de défense bien fortifiées, et d’organiser des opérations d’attaques limitées, parce qu’il sentait que l’ennemi était sur le point de se montrer. Il devrait être un général commandant exceptionnel pour avoir possédé une intuition si perceptive!

Environ 15/6/71, deux semaines après la bataille de Snoul, l’ennemi a employé une tactique de contre renseignement très ingénue en libérant plusieurs prisonniers près de Tay Ninh, excepté les soldats appartenant au 1/8è Bataillon. La raison pour l’ennemi de ne pas libérer les soldats appartenant au 1/8è Bataillon était parce ce que ce bataillon s’était engagé dans la bataille avec l’ennemi pendant cinq jours et cinq nuits et savaient la vraie force ennemie commise dans la bataille pendant ces jours. Alors que la majorité des soldats appartenant aux autres unités s’étaient engagés dans la bataille seulement que pendant les deux jours du repli, et l’ennemi a réussi à les endoctriner et les induire à croire que l’ennemi avait seulement commis un Régiment dans l’attaque contre la 8è FF. Le résultat était que le Congrès VN, le Général Commandant du 3è CA, nos renseignements et ceux des alliés ont innocemment cru cette désinformation et ont procuré à l’ennemi la chance de tourner leur défaite en victoire.

Pendant ce temps nos renseignements et ceux de nos alliés aussi bien que le QG du 3è CA ont sous-estimé les renseignements exacts fournis du champ de bataille de Snoul par le Colonel Dzan, par intermédiaire du Général Hieu. Le Colonel Dzan a patiemment écouté et compté les positions d’artillerie et anti-aériennes ennemies afin de déterminer exactement que l’ennemi employait deux bataillons d’artillerie et deux batteries anti-aériennes aux alentours de Snoul. Selon l’ordre de bataille VC, chaque Divisions VC a seulement un bataillon d’artillerie et un bataillon anti-aérien. C’était pourquoi le Colonel a rapporté au Général Hieu que l’ennemi avait au moins une Division, la 5è, renforcée par au moins un bataillon d’artillerie et un bataillon anti-aérien. En fait, l’ennemi avait employé deux Divisions, la 5è et la 7è, pour attaquer la 8è FF, selon les renseignements obtenus à travers un scout VC capturé vivant par le 1/8è Bataillon le 26/5/71[7]. Cependant, le Colonel Dzan était prudent en ne rapportant seulement que ce qu’il avait vu et entendu, parce que 1/8 Bataillon a été encerclé et attaqué sans répit par l’ennemi pendant cinq jours et cinq nuits à l’endroit du bataillon, empêchant le 1/8è Bataillon de délivrer ce prisonnier au poste de commande de la force de frappe. Le 29/5/71, le 1/8è Bataillon se repliait en hâte et le prisonnier s’était échappé pendant que les soldats étaient préoccupés à combattre contre l’ennemie pour sauver leur vie.

Il est évident que le Général Hieu croyait complètement les renseignements provenant du Colonel Dzan, parce qu’il a été le seul commandant général à survoler chaque jour le champ de bataille de Snoul depuis 24/5/71 au 31/5/71, en dépit de la puissance de feu anti-aérien intense de l’ennemi au Nord et Nord Ouest de Snoul. Le Général Hieu lui-même a rapporté deux fois au Général Commandant du 3è CA ces renseignements exacts provenant du Colonel Dzan; cependant le Général Commandant du 3è CA les a subjectivement rejetés, parce qu’il comptait sur les renseignements fournis par les forces alliées de ce temps-là qui indiquaient que l’ennemi employait seulement un Régiment pour attaquer le 8è Régiment, et les deux Régiments restants appartenant à la 5è Division VC pour tendre une embuscade et clouer la FFA du 3è CA environ un kilomètre sur QL13 à l’intérieur du territoire cambodgien de la frontière vietnamienne.[2]

En résumé, l’ennemi avait plusieurs avantages au point de vue de renseignements et contre renseignements dans la bataille de Snoul, parce que le Général Commandant du 3è CA n’a pas cru les renseignements exacts vis-à-vis des forces ennemies engagées dans la bataille de Snoul fournis par le Colonel Dzan par intermédiaire du Général Hieu; et le Général Commandant du 3è CA et le Congrès VN ont été également trompés par la tactique de contre renseignements ennemis dans la libération des prisonniers le 15/6/71.

Les Réactions du Général Commandant du 3è CA

Selon l’information VC[7] et celle des journaux, le Général Minh qui était le Commandant du champ de bataille cambodgien, a changé la posture offensive préconisée par le Général Cao Tri lorsqu’il était Commandant du 3è CA, à celle défensive d’avril au 31/5/71. Il a également bien décidé dans le repli de la 8è FF fin mai 1971 en attachant la FFA du 3è CA à la 5è Division le 31/5/71, selon le Général de Brigade Tran Quang Khoi, Commandant de FFA du 3è CA.[6,27] Cependant, cette force de frappe d’assaut a été attachée trop tard le 31/5/71, au lieu d’être attachée à la 5è Division depuis le premier jour de la bataille, le 24/5/71, ou au moins avant le jour du repli, le 24/5/71.

En particulier, du 24/5/71 au 31/5/71, le Général Minh a immobilisé la force principale des Forces de Frappe dans la région de Chup, Kampong Cham, et les deux Forces de Frappe opérant près du Sud de Snoul;[10] en plus, il n’a pas également voulu rapporter la situation militaire et l’intention de l’ennemi à l’Etat Major Général afin de demander davantage de soutien aérien et des forces de réserve.[10]

Le Général Minh a placé seulement quelques officiers d’état major du 3è CA à Loc Ninh, et lui-même n’était pas présent en permanence à Loc Ninh.[10,29] Il n’avait également jamais survolé le territoire cambodgien pour évaluer la situation et pour commander les manoeuvres des deux forces principale et secondaire de ses forces.[10]

Le Général Minh a également refusé à maintes reprise la demande du Général Hieu d’employer la principale force du Sud Snoul pour exécuter la plan "Attirer le Tigre à Descendre de la Montagne" qui a été préalablement convenu par les deux commandants.[2] Finalement, il a donné ordre au Général Hieu de replier les troupes sans aide, sous l’attaque de deux Divisions VC le 28/5/71.[2]

Les Lignes de Conduite du 3è Corps

En tant que Commandant des opérations des champs de batailles au Cambodge, le Général Minh doivent choisir l’une des lignes de conduite suivantes :

(1) Appliquer la Tactique d’Attirer le Tigre à Descendre de la Montagne, en manoeuvrant la force principale au Sud Est Snoul pour attaquer l’arrière de l’ennemi, demandant du soutien aérien supplémentaire, et de force de réserve de l’Etat Major Général pour soutenir la FFA du 3è CA afin de continuer de lier avec la 8è FF et attaquer l’arrière de l’ennemi de l’Est de Snoul, à partir du 25/5/71.

(2) Appliquer la Tactique de Délai en Soutien du 8è Régiment, en manoeuvrant une portion de la force principale pour menacer l’arrière de l’ennemi, demandant du soutien aérien supplémentaire, et de force de réserve de l’Etat Major Général pour soutenir la FFA du 3è CA afin de continuer de lier avec la 8è FF et attaquer l’arrière de l’ennemi de l’Est de Snoul, à partir du 25/5/71.

(3) Appliquer la Tactiqu de Délai Limitée en Soutien du 8è Régiment , en immobilisant la force principale, demandant du soutien aérien supplémentaire, et de force de réserve de l’Etat Major Général pour soutenir la FFA du 3è CA afin de continuer de lier avec la 8è FF et attaquer l’arrière de l’ennemi de l’Est de Snoul, à partir du 25/5/71.

(4) Appliquer la Tactique de Repli sous la Pression des Attaques Ennemies, en immobilisant la force principale, attachant la FFA du 3è CA à la 5è Division dans la dernière phase du repli le 31/5/71, en ne pas demandant du soutien aérien supplémentaire, et de force de réserve de l’Etat Major Général pour soutenir la FFA du 3è CA afin de continuer de lier avec la 8è FF et d'attaquer l’arrière de l’ennemi de l’Est de Snoul.

Le Général Minh a décidé de choisir la 4è ligne de conduite, à cause de quelques raisons non dites que seul lui peut expliquer aux combattants en ce moment-ci. En tant que commandant compétent quand il était Commandant de la 21è Division, le Général Minh savait bien qu’avec la 4è ligne de conduite, qui constituait le plus mauvais choix, la 8è FF subirait de lourdes pertes ou serait complètement annihilée si la force ennemie est composée de plus d’une Division.

Les Fautes Commises par le Général Commandant du 3è CA

Le Général Minh a violé les principes fondamentaux de la guerre[9], le jour où il remplaça le Général Do Cao Tri en tant que Commandant du champ de bataille cambodgien.

Il a employé toutes les forces disponibles de la 18è et 25è Divisions comme la force principale au Sud de Snoul, et toute la force disponible de la 5è Division comme force secondaire pour appâter l’ennemi à Soul dans la tactique "Attirer le Tigre à Descendre de la Montagne". Par conséquent, il n’a seulement que la FFA du 3è CA comme force de réserve à sa disposition. Le 31/5/71, il a attaché trop tard sa force de frappe d’assaut pour lier avec la 8è FF dans le planning de repli avant la saison pluvieuse. Evidemment, il aurait dû demander immédiatement la force de réserve de l’Etat Major Général aussi bien que de l’armée de l’air vietnamienne pour renforcer la 8è FF dès le premier jour où 8è FF entra dans le champ de bataille; mais alors en réalité, il n’a jamais rapporté la situation militaire critique et n’a pas demandé du renforcement pendant ces jours.

Du 23/5/71 au 31/5/71, il n’a jamais supervisé le champ de bataille ou commandé en personne l’opération, mais a mis seulement quelques officiers d’état major du 3è CA à Loc Ninh, et il n’était jamais présent à Loc Ninh [10,29], excepté volant sporadiquement à Loc Ninh pour visiter l’Avant Post de Commande de la 5è Division.[10] En plus il a mis trop tard la force de frappe d’assaut sous la commande de la 5è Division le 31/5/71, au lieu le 25/5/71 comme il l’aurait dû. Cette décision tardive a prévenu le Général Hieu d’employer cette FFA pour venir au secours de la 8è FF et de détruire l’ennemi dès le premier jour de la bataille, le 25/5/71.

Selon le Colonel Dzan, le plan de repli a été soumis au QG/3è CA et a été approuvé; cependant, le QG/3è CA a décidé de reporter le jour J à deux jours plus tard, afin que le Corps d’Armée puisse célébrer son anniversaire. Le report du jour J a plusieurs désavantages au point de vue tactique et celle de sécurité parce que l’ennemi a du temps pour concentrer les troupes et le plan opérationnel pourrait être divulgué à l’ennemi.[28]

Le manque de responsabilité du commandement[10] a pour cause l’évaluation inexacte des situations de l’ennemie et d’amie sur le champ de bataille pendant les jours de combat avec l’ennemi, parce que le Général Commandant du 3è CA ne s’était basé que sur l’analyse inexacte des renseignements du 3è CA et a subjectivement cru que la force ennemie commise à Snoul était composée seulement d’un Régiment, bien que le Colonel Dzan et le Général Hieu eussent à maintes reprises rapporté que la force ennemie commise était composé d’au moins une Division à Snoul[2]. La conséquence de cette subjectivité néfaste du Général Commandant du 3è CA était l’évaluation inexacte des forces Principales et Secondaire ennemies au point de vue d’un Commandant des champs de batailles cambodgiens.

Faire une erreur de jugement entre les forces Principale et Secondaire a pour cause le mauvais choix de ligne de conduite pour la bataille de Snoul; le Général Commandant du 3è CA seulement comptait sur le rapport de la principale force qui était clouée par seulement la 9è Division VC demeurant dans cette région, et a conclu que ce fût là la force Principale, tandis que la réalité indiquait que la force Principale était Snoul, et la force Secondaire était à la force Principale au Sud Est de Snoul! Ce fût la raison pour le Général Commandant du 3è CA de ne pas demander du renforcement des forces de réserve de l’Etat Major Général et de ne pas demander le support aérien de l’AAVN, mais de compter seulement au soutien de la force organique et aérien de l’US Air Cavalry.

En dépit des erreurs commises par le Général Minh dans sa direction et planning du repli, la 8è FF ensemble avec ses unités attachées comprenant l’Arme Blindée, la FFA du 3è CA et l’Artillerie, ont été victorieuses dans le repli sous le commandement du Général Hieu, du Colonel Dzan et du Colonel Khoi. En plus, les combattants participants ont neutralisé la stratégie visant à employer la bataille de Snoul comme un atout dans la Négociation de Paris, en capturant vivant ou en détruisant l’entière force commise dans la bataille de Snoul7. Malheureusement, le Général Minh a ignoré les mérites militaires réels de ses combattants en relevant le Général Hieu et le Colonel Dzan de leur commandement, aussi bien qu’en traitant les combattants retournant du champ de bataille comme étant une bande de soldats vaincus!

Les Réactions du Commandant de la 5è Division

Le Général Hieu a été frustré parce qu’il n’avait pas aucune force de réserve mise à sa disposition, parce qu’il était responsable de la protection d’un territoire vastement étendue[15], et a dû employer l’entière 8è FF dans la tâche d’appâter l’ennemi dans la tactique Attirer le Tigre à Descendre la Montagne du 3è CA, et en même temps celle de sécuriser QL13 de la frontière à Snoul. En tant que général, l’on préférerait la posture offensive, ici le Général Hieu était forcé dans la posture défensive sans force de réserve d’au moins d'un Régiment pour contre attaquer pour détruire l’ennemi. Ce n’est pas étonnant qu’il soit frustré.

Néanmoins, le Général Hieu ne demeurait pas inerte. Il donnait ordre à la 8è FF de continuer à prendre contrôle du champ de bataille en lançant fréquemment des opérations limitées de chercher et détruire et des opérations de reconnaissance journalières pour amasser des renseignements sur l’ennemi, en plus des clôtures électronique pour détecter les déplacements des troupes ennemies aux alentours de Snoul.[12] Ces actions ont soutenu le moral des combattants du 8è Régiment et de ses unités attachées pendant plus de deux mois d’opération à Snoul.

Début 4/71, le Général Hieu était présent en permanence à l’Avant Post de Commande de la 5è Division à Loc Ninh, afin de superviser de près la situation du champ de bataille au Cambodge, et d’employer l’hélicoptère de commande dans les visites journalières. Le 21/4/71, il écrit une lettre à sa femme, "Je suis resté à Loc Ninh le lundi passé et viens de retourner à Lai Khe le mardi soir et selon la situation resterai ici jusqu'à lundi prochain", ce qui prouve qu’il était en permanence à Loc Ninh pour exécuter la tactique Attirer le Tigre à Descendre de la Montagne du 3è Corps.[2,12]

Contrairement au Général Minh,[10,13,14] le Général Hieu était fréquemment présent au-dessus des unités de 8è FF en combat avec l’ennemi du 24/5/71 au 31/5/71. En particulier du 24/5/71 au 30/5/71, il a été témoin de la puissance de feu anti-aérien et d’artillerie atroce de l’ennemi qui empêchait les hélicoptères d’évacuation médicale et de ravitaillement d’atterrir. Cependant, sans crainte pour sa vie, il a continué à survoler les unités en combat avec l’ennemi sur le sol afin de commander et rassurer les soldats. En étant témoin de la vraie situation sur le champ de batailler avec ses propres yeux, il a cru ce que le Colonel Dzan lui a rapporté au sol.

Le Général Hieu a proposé deux fois au Général Minh d’employer au moins deux Forces de Frappe du Sud Ouest de Snoul pour exécuter la tactique Attirer le Tigre à Descendre de la Montagne du 3è Corps, et a demandé davantage de force de réserve de l’Etat Major Général pour renforcer la FFA du 3è CA qui était clouée à la frontière, parce que l’ennemi employait au moins la 5è Division VC renforcée d’au moins de deux bataillons anti-aérien et d’artillerie de la 7è Division VC. Malheureusement, le 28/5/71, le Général Minh a donné ordre verbalement au Général Hieu que les forces engagées dans la bataille de Snoul devraient se replier sans aide, parce qu’il croyait subjectivement que la 5è Division VC employait seulement un Régiment pour attaquer la 8è FF. Et ainsi, le Général Hieu était complètement impuissant à fournir la force de réserve à la 8è FF dans ce repli quasi suicide.[2]

Cependant, le Général Hieu a refusé de renoncer complètement à sa capacité de Commandant du champ de bataille. Il s’efforçait au mieux de faire ce qu’il pouvait pour secourir la vie de ses combattants dans ce repli quasi suicide. Il a demandé au Colonel Raymond Kampe, Chef Conseiller de la 5è Division ARVN, de demander à l’US Air Cavalry d’augmenter le soutien aérien à la 8è FF, en plus d’une Compagnie d’Air Cavalry déjà en soutien permanent à la 8è FF. Il a également demandé au Colonel Raymond Kampe et le Colonel Chef d’Etat Major du 3è CA de l’accompagner dans ses vols afin de faciliter la coordination entre la FFA du 3è CA et la puissance de feu de soutien de l’US Air Cavalry.[10,11]

En particulier, du 29/5/71 au 31/5/75, le Général Hieu a démontré ses traits de Commandant de champ de bataille, en bravant la puissance de feu anti-aérien intense de l’ennemi pour survoler de près les troupes en retraite sur le sol afin de manoeuvrer les troupes et rassurer les soldats; en dépit de l’avis du Colonel Dzan de ne pas permettre à l’hélicoptère d’atterrir, il donna tout de même ordre au pilote d’atterrir pour témoigner la compagnie de reconnaissance capturer8 une arme anti-aérienne ennemie placée tout près de l’abord du camp. En plus, il a assumé le rôle d’Officier de Contrôle Aérien afin de demander à l’US Air Cavalry de tirer sur les cibles par intermédiaire du Colonel Kampe. Cette action a causé l’ennemi de retarder les déplacements des troupes pour encercler et détruire nos combattants au sol. En particulier, l’US Air Cavalry n’a jamais tiré par erreur sur nos troupes au sol pendant ces jours. Par conséquent, le Général Hieu a également assumé le rôle d’un Officier de Contrôle Aérien exceptionnel!

En particulier, la nuit du 30/5/71, le Général Hieu a employé une excellente tactique de diversion. Il donna ordre à l’AFVN et à l’artillerie de la 8è FF de tirer incessamment la nuit entière dans la direction du Nord et Nord Ouest de Snoul, et en même temps, il donna ordre au Colonel Dzan d’employer le 1/8è Bataillon pour placer les troupes vers la direction du Nord Est de Snoul, afin de tromper l’ennemi à croire que la 8è FF lancerait une attaque contre lui dans ces deux directions le jour suivant, le 30/5/71. La tactique de diversion s’avérait effective quand le Commandant Hung, Chef du 3è Bureau du 8è Régiment entendait sur la radio ennemie, "Ils ne nous attaquent pas, ils sont en train de se replier vers l’Est. Toutes les unités doivent abandonner leurs positions défensives pour les encercler et détruire à toute vitesse."

En résumé, le Général Hieu a fait tout ce qui est possible pour sauver la vie de ces combattants dans le repli sous l’attaque de deux Divisions, la 5è et la 7è. En plus, il a également démontré les traits d’un général compétent. Ce sont Courageux, Inventif et Intuitif d’un combattant chevronné.

Les Réactions du Commandant de la 8è Force de Frappe

Le Colonel Dzan a organisé fréquemment des opérations selon les ordres du Général Hieu et selon ses propres initiatives. En plus, les équipes de reconnaissance à longue portée des différents Bataillons opéraient constamment jours et nuits, depuis le jour où la 8è FF a été assignée la région de Snoul. Il a également employé les tirs d’artillerie et de l’Armée de l’Air pour frapper sur les routes suspectées employées par l’ennemi dans les déplacements des troupes dans la région opérationnelle de la force de frappe. Ce qui a induit l’ennemi à évaluer que Snoul devrait être une position stratégique pour lui. Par conséquent, l’ennemi a employé deux Divisions VC, la 5è et la 7è, pour attaquer et détruire la 8è FF à tout prix. Et donc, le Colonel Dzan a bien rempli son devoir d’appâter l’ennemi selon la tactique Attirer le Tigre à Descendre de la Montagne du 3è Corps.

En particulier, la nuit du 24/5/71, il donna ordre au soutien de la puissance de feu d’artillerie pour le 1/8è Bataillon tandis que cette unité était sous attaque à l’avant-poste de la 8è FF, environ trois kilomètres Nord du CP de la 8è FF. Du 25/5/71 au 31/5/71, il donna ordre à l’Officier de Transmission de ratisser la fréquence de la radio ennemie pour écouter ses conversations. Il a patiemment écouté et compté les nombres d’obus de l’artillerie ennemie aussi bien que les tirs anti-aériens pour évaluer les troupes ennemies impliquées dans la région de Snoul. Il a estimé quasi exactement que l’ennemi employait la 5è Division VC, renforcée par au moins un Bataillon d’Artillerie et un Bataillon anti-aérien pour attaquer la 8è FF et ses unités attachées. Par conséquent, il a rapporté au QG/5è Division le 25/5/71 vis-à-vis l’engagement des troupes ennemies afin de demander du renfort pour 8è FF.

La nuit du 28/5/71, il avait tout de suite compris la tactique de déception employée par le Commandant du 1/8è Bataillon pour replier les unités du 1/8è Bataillon au CP de la 8è FF le 29/5/71, en disant ouvertement par radio au Commandant du 1/8è Bataillon qu’il y aurait des B52 disponibles pour aplatir la région de la position du 1/8è Bataillon au marché de Snoul le matin du jour suivant, le 29/5/71. En plus, il a également employé le 2/7è Bataillon pour soutenir le1/8è Bataillon, en ordonnant le 2/7è Bataillon de reprendre le marché de Snoul le 29/5/71, avant le repli du 1/8è Bataillon.

En particulier, il a pris le juste choix dans le planning de repli de la 8è FF le 30/5 et le 31/5/71, après avoir abandonné le plan d’attaquer vers Kratie, parce que le Lieutenant Colonel Ninh, Chef du 2è Bureau de la 5è Division lui fit savoir que la 5è Division ne possédait pas de force de réserve le jour de repli du 29/5/71. Il a choisi la tactique de diversion, la surprise, la vitesse et la puissance de tir et la manœuvre des troupes,[9] pour éviter les efforts ennemies à employer deux Divisions pour encercler et détruire l’entier 8è Régiment et ses unités attachées, parce qu’il avait calculé exactement que le temps serait le facteur principal de la survie dans ce repli sans aide de la 8è FF et ses unités attachées sous l’attaque de deux Divisions ennemies.

Evaluation du Champ de Bataille

L’évaluation du champ de bataille est basée sur trois facteurs principaux: les forces respectives des côtés opposants, les situations potentielles du moment, et les pertes subites par les deux côtés.

La 8è FF a pu résister le siège à Snoul du 24/5/71 au 29/5/71, et a ordonné le repli avec une quantité de troupes trop boiteuse entre nous et l’ennemi; 2.000 soldats de la force de frappe faisant face à plus de deux divisions ennemies d’environ plus de 20.000 soldats. Par conséquent, un soldat de la 8è FF a dû faire face à 10 soldats ennemis.

Pendant une semaine de combat contre deux divisions ennemies, la 8è FF n’a jamais reçu aucune force de secours du Sud Ouest de Snoul, comme prévue dans la tactique Attirer le Tigre à Descendre de la Montagne. Par conséquent, à part la solution de repli par surprise et en vitesse, il ne restait que deux alternatives à la 8è FF, se replier employant la tactique de délai ou se rendre dans la honte. La tactique de délai résulterait seulement à l’annihilation de l’entière 8è FF comme le Colonel envisageait clairement dans son évaluation, et la capitulation était une alternative inacceptable au point de vue honneur pour l’ARVN en général, et des combattants de la 8è FF en particulier. En plus, la 8è FF perdrait tous les équipements, les véhicules blindés et l’artillerie dans les deux alternatives ci-dessus mentionnées. En outre, avec la solution de repli par surprise et en vitesse, la 8è FF avait encore la chance de préserver la majorité des combattants, un certain nombre de véhicules, et également la chance d’infliger de lourdes pertes à deux divisions ennemies, si la solution réussit. La réalité a montré que plus de 85% de troupes de la force de frappe se sont retournées sauves au Vietnam.

Le 3/6/71, le Général Hieu a énoncé les pertes exactes subies des deux côtés, pendant les cinq jours de combat et siège à Snoul. Nos troupes ont tués 1.043 ennemis, tandis que notre côté avait 37 tués, 167 blessés et 74 soldats disparus.[16] En plus, le Colonel Dzan a également rapporté le détail des pertes d’équipements: 10 chars et 14 véhicules blindés ont été détruits, 12 batteries d’artillerie ont été détruites avant le repli des troupes, 22 armements de mortier ont été perdus, et un certain nombre de camions. Le nombre de plus de 200 armes individuelles ennemies et anti-aériennes capturées par le 1/8è Bataillon et autres unités de la 8è FF n’ont pas été inclues dans cette évaluation, parce que ces armes avaient été laissées en arrière par la 8è FF aux mains ennemies dans ce repli en hâte. Par conséquent, la perte en personnel de la 8è FF était 278 soldats, y compris tués, blessés et disparus en action; ce qui constitue 14% des troupes de la 8è FF. L’expérience indique que pour chaque ennemie tuée en action, il y a 10 soldats blessés en action. Par conséquent, la perte ennemie était environ 2.086, ce qui signifie que au moins 10 soldats perdus de notre côté il y avait 75 soldats perdus du côté ennemi pendant cinq jours de combat dans la région de Snoul, et deux jours de repli de la 8è FF dans l’attaque des deux divisions ennemies. Le nombre de 167 blessés de nos troupes qui ont été ramenés au Vietnam dans le repli était une indication éloquente que le repli de la 8è FF a été conduit dans l’ordre et bien conçu. Parmi les 74 soldats disparus de la 8è FF, seulement 26 prisonniers ont été relâchés par l’ennemi à la frontière de Tay Ninh environ deux semaines après 31/5/71, excepté 6 prisonniers du 1/8è Bataillon encore détenus par l’ennemi, la majorité des 42 disparus étaient les combattants du 1/8è Bataillon et de la compagnie blindée tués pendant l’assaut pour ouvrir un sentier de sang pendant le jour de repli du 30/5/71.

En résumé, le Général Hieu et le Colonel Dzan étaient deux commandants compétents du champ de bataille. Ils ont vaincu deux divisions ennemies pour sauver la vie de plus de 85% de troupes, et pour préserver les armements légers de la force de frappe. Au contraire, les commandants des deux divisions ennemies étaient des généraux vaincus dans le planning d’encercler et de détruire l’entière 8è FF.[7,9] Le Général Minh devait être fier de la victoire héroïque de nos troupes dans ce repli. Par conséquent, il n’est pas trop tard pour lui de rendre honneur aux combattants de la 8è FF, au Général Hieu et au Colonel Dzan et à la FFA du 3è CA qui ont accompli une tâche difficile et ont combattu avec courage contre deux divisions ennemies au-delà de la frontière du 23/5/71 au 31/5/71.

Evaluation de la Bataille de Snoul au Niveau de la Stratégie Nationale

La chute du gouvernement de la République du Vietnam le 30/4/75 a été la conséquence d’une série d’événements au plan militaire, politique et relation étrangère des différentes forces participantes au Vietnam depuis 8/69. En particulier la faute commise par le Général Commandant du 3è CA était le point de départ des événements subséquents de l’histoire du Vietnam.

La compagne en secret de négociation de paix de la guerre du Vietnam prit un point de virage historique important quand Kissinger rencontrait secrètement douze fois à Paris avec la délégation nord-vietnamienne depuis 8/69, comme révélé par Nixon[18]. Les deux opérations d’incursion simultanées au niveau de corps d’armée de l’ARVN débutant le 8/2/71 étaient la conséquence de cette compagne de négociation de paix afin de marchander à la table de conférence, Opération Lam Son 719 et Opération Toan Thang 1. L’Opération Lam Son 719, racontée par Nguyen Tien Hung, a été conçue par les Etats-Unis et soumise au Général Cao Van Vien pour sa signature[18,21]. Ceci constitua un geste de délaissement d’un enfant au milieu du marché au Bas Laos, parce que notre côté avait seulement 25.000 troupes faisant face à 36.000 troupes ennemies, renforcées par deux Divisions blindées équipées avec des chars modernes russes et plusieurs régiments d’artillerie et anti-aériens. Le résultat était une défaite foudroyante pour nos troupes et la perte de plusieurs combattants d’élite, tandis que le Général Westmoreland demeurait immobile parce qu’il n’osait pas permettre à quatre divisions américaines de franchir la frontière ensemble avec les unités de l’ARVN [18]. Par conséquent, le Général Westmoreland assumait toute responsabilité dans cette affaire de l’Opération Lam Son 719. Cependant en réalité, l’ARVN a été martelée par la media aussi bien que le mouvement anti-guerre aux Etats-Unis, qui causait par la suite une défaite stratégique au niveau national. En plus, ceci constitua une occasion pour l’ennemi d’évaluer la capacité de leadership militaire sur le champ de bataille de nos généraux au niveau de corps d’armée après les deux opérations d’incursion de l’ARVN.

La Résolution de 5/71 promulguée par le Politburo Communiste fut le premier pas pour réévaluer la capacité du leadership militaire sur le champ de bataille de nos généraux au niveau de corps d’armée. La bataille de Snoul fut le point de virage pour cette Résolution. L’ennemi a employé toutes les trois Divisions, la 5è, la 7è et la 9è pour attaquer et encercler la 8è FF à Snoul, et clouer la force principale du 3è CA au Sud Est Snoul. Ce fut l’erreur du Général Commandant du 3è CA sur le plan de commandement et d’évaluation du champ de bataille dans la bataille de Snoul qui a encouragé l’ennemi à prendre la décision d’élargir le champ de bataille stratégique sur l’entier territoire du Sud Vietnam en 1972.

Le 30/3/72, l’ennemi élargit simultanément le champ de bataille avec trois campagnes, celle de Nguyen Hue au Sud Est dans le Sud qui était la principale force, celle de Tri Thien qui était également la force principale, et celle de Tay Nguyen qui était la force secondaire. Dans la campagne de Nguyen Hue, l’ennemi employait trois Divisions, la 5è, la 7è et la 9è pour prendre contrôle de Loc Ninh et les alentours, avant d’encercler et d’attaquer An Loc pendant environ deux mois. L’ARVN a dû employer la 5è Division, et deux Brigades de Parachutistes, le 81è Groupe de Parachutistes Spéciaux, deux régiments de la 21è Division, et plusieurs Groupes de Rangers pour tenir An Loc, avec le soutien aérien formidable de l’US Air Force, y compris les bombardiers B52. An Loc a été défendu héroïquement par nos troupes, cependant Quang Tri a été perdu aux mains de l’ennemi, parce que les troupes élites de réserve ont été détenues aux champs de bataille de Tay Nguyen et An Loc [25]. En particulier, dans la Campagne de Nguyen Hue, l’ennemi a appris l’astuce dans la transmission de radio de nos troupes dans la bataille de Snoul, et observait le silence par radio avant d’attaquer pour obtenir la surprise dans le premier jour de la campagne[7].

Les campagnes de Tri Thien et Nguyen Hue constituaient les conséquences de la coercition imposée sur le gouvernement VN à signer l’Accord de Paris le 27/1/1973, après que Nixon envoya un ultimatum au Président Thieu[18,19,24]. Une autre cause était le retrait en hâte des forces américaines et autres alliés en moins de 60 jours, selon les stipulations 5 et 6 de l’accord. En plus, basé sur la stipulation 12(a), l’ennemi a été mis à pied égal avec le gouvernement du Vietnam et n’était pas obligé de retirer les troupes hors du Sud Vietnam. Par conséquent, nous avons pratiquement perdu notre pays après la signature de l’Accord de Paris qui n’a été rien moins qu’un accord de capitulation[20,22,23].

A côté de l’Accord de Paris était la réduction d’aide militaire à la République du Vietnam du Congrès américain, avec la Russie augmentant son aide militaire avec davantage d’armements modernes au Nord Vietnam. En plus, la loi War Powers Act imposée sur le Président américain également passé par le Congrès américain en 6/73 a précipité la chute du Sud Vietnam en 75.[26].

Si le plan Attirer le Tigre à Descendre de la Montagne était exécuté par le Général Commandant du 3è CA dans la bataille de Snoul fin 5/71, il est douteux que l’ennemi aurait suffisamment de volonté et de confidence pour ouvrir la campagne de Nguyen Hue dix mois après la bataille de Snoul. Si la campagne de Nguyen Hue ne s’était pas survenue, la bataille de An Loc n’aurait pas non plus survenue, et environ une division de combattants d’élite de réserve n’auraient pas été détenus à An Loc pendant deux mois. Si l’ARVN n’était pas clouée à An Loc, nous n’aurions pas perdu Quang Tri, parce que l’ARVN aurait la main libre pour renforcer au moins une division de combattants d’élite au champ de bataille de Quang Tri. Alors il est évident que si nous n’avions pas perdu Quang Tri, la République du Vietnam n’aurait pas été forcée de signer l’Accord de Paris, parce que l’ennemi aurait perdu le marchandage à la table de conférence, quand la campagne de Tri Thien de l’ennemi était vaincu par nos troupes. Par conséquent, il n’y aurait pas de réduction d’aide militaire au Sud Vietnam par le Congrès américain, ni la loi War Powers Act imposée sur le Président américain en 6/73[18]. Par conséquent, l’histoire du Vietnam aurait pris une ligne de parcours entièrement différente après 1975, et la chute du Sud Vietnam n’aurait pas survenue en 1975, forçant plus de deux millions Vietnamiens d’expatrier, et de centaines de milliers de boat people à périr dans les océans en cherche de liberté, et l’emprisonnement cruel et long que l’ennemi imposé sur les troupes vietnamiennes n’aurait pas eu lieu.

Quelques Pensées et Affirmations Personnelles de l’Auteur

J’atteste que le Général Hieu, le Colonel Dzan, le Général Khoi et l’ensemble des combattants de la 8è FF et la FFA du 3è CA ont courageusement vaincu deux divisions VC dans cette bataille épique sur le champ de bataille d’incursion du 4/5/71 au 31/5/71.

Les sections sur l’évaluation et critiques sur le Général Minh, l’évaluation du champ de bataille au niveau de stratégie nationale sont les lignes de mes pensées, un simple commandant de bataillon engagé directement dans cette bataille, basées sur les données en mains, par conséquent pourraient pécher en objectivité et exactitude. Par conséquent, j’ai essayé de contacter le Général Minh afin de lui permettre de revoir, réviser, et corriger le contenu selon sa compréhension aussi bien que de rendre honneur aux combattants impliqués dans cette opération. Je lui ai également proposé de substituer les sections concernant le 3è CA, les critiques sur lui, et l’évaluation du champ de bataille au niveau de stratégie nationale, avec ses propres interprétations des événements et rédigées de sa propre main pour être insérées dans cet article, afin que l’histoire militaire du Vietnam soit équitable et juste. Avec la clarification du Général, les combattants et la communauté vietnamienne d’outre-mer comprendront ses difficultés et souffrances, afin de sympathiser avec lui et lui rendre honneur, lui qui a défendu son pays.

Malheureusement, je n’ai pas reçu sa réponse jusqu’aujourd’hui, et c’est également la raison pour cet article d’être affiché sur l’internet, afin que les lecteurs puissent joindre avec moi dans l’effort de chercher la vérité de l’Histoire Militaire du Vietnam dans l’opération Snoul. Je pense que quiconque veut connaître la vérité du 3è CA aussi bien que les réactions du Général Minh, n’a que lui adressé directement la question, l’autorité unique et la plus compétente sur ces sujets pour clarifier et corriger les assertions de l’auteur.

Je souhaite que les sections sur le 3è CA et le Général Minh rédigées par moi puissent s’avérer fausses, si le Général lui-même se prononce pour faire les corrections; dans cette éventualité, j’aurai la chance de lui demander pardon d’avoir commis un sacrilège envers un supérieur, et de sympathiser avec ses difficultés et souffrances dans cette bataille de Snoul. En plus, moi et mes frères et sœurs Vietnamiens auraient la chance de comprendre la vérité historique, afin de rendre honneur au Général et de nous unifier en un seul bloque, et mettre un arrêt aux chamailleries. Ceci constitue la dernière balle d’un vieux soldat payant sa cotisation au pays, afin de vivre dans la paix pendant ses jours de retraité. C’est pourquoi j’atteste que je ne parlerai que si j’entends le Général en personne sur ce sujet de la bataille de Snoul.

L’image des visages en douleur des combattants abandonnés sur le champ de bataille pendant le repli en vitesse, les larmes des veuves, pères et mères des soldats tués à l’arrière camp du 1/8è Bataillon à Lai Khe après le retour du Bataillon, aussi bien que l’image d’un général commandant de 74 ans, le Général de Brigade Tran Quang Khoi[29], encore amer par la bataille de Snoul et celle de Dambe[30] ayant rapport au commandement du Général Commandant du 3è CA après des années dans les prisons communistes, et en ces jours-ci travaille encore pour gagner sa vie à l’âge de plus de 74 ans, sont les principales motivations pour moi de rédiger cet article.

La Vérité et ses Conséquences

Le but de cet article est de dire la vérité dans l’histoire militaire de l’ARVN parce que la vérité doit être rendue à l’histoire.

Le Général Hieu et le Colonel Dzan ensemble avec leurs combattants ont été victorieux dans le repli sans aide sous la pression de deux Divisions ennemies, en tant que Commandant de Division et Commandant de Régiment. Le Général Khoi, Commandant de la FFA du 3è CA, ensemble avec la FFA du 3è CA ont également vaincu l’ennemi et ont neutralisé les efforts ennemis d’encercler et de détruire l’entière 8è FF le 31/5/71. Cependant le Général Minh a échoué en tant que Commandant de CA, parce qu’il a mal choisi un plan de repli pour la 8è FF et a été trop tard à attacher la FFA du 3è CA à la 5è Division, en plus, il a permis la bonne chance de détruire l’ensemble de deux Divisions ennemies dans le plan Attirer le Tigre à Descendre de la Montagne d’échapper, comme secrètement conçu par les deux Généraux Commandants[2]. La conséquence était que ces deux Divisions ont survécu et ont été permis de lancer une attaque à Loc Ninh et An Loc dix mois plus tard.

Les failles de nos renseignements et ceux de nos alliés, l’irresponsabilité de commandement, la subjectivité en s’appuyant trop sur nos renseignements, et ne pas voulant écouter les rapports exacts concernant les capacités ennemies engagées dans la bataille de Snoul fournis par le Général Hieu et le Colonel Dzan, ont causé au Général Minh de commettre des fautes en tant que Commandant de CA. Par conséquent, lui et le Congrès VN ont par inadvertance changé la situation réelle du champ de bataille, de victorieux pour de devenir vaincus sur le plan tactique aussi bien que stratégique. La conséquence était que plus de trente pourcent de combattants ont déserté après leur retour au Vietnam parce qu’ils se sont sentis délaissés, et parce que les concessions stipulées dans l’Accord de Paris apparaissaient comme une capitulation.

Par conséquent, l’histoire du Vietnam aurait pu être changée si les fautes ci-dessus mentionnées n’ont pas eu lieu. Minh

Conclusion

En ce moment, nous avons tout perdu sauf nous-mêmes; nous prions que le Général Minh et le Congrès VN de réviser la vérité historique, afin qu’il soit plus proche de nous. En tant qu’être humain, on commet de temps en temps de fautes, ou on peut être mal compris. On n'a seulement besoin que de reconnaître ses fautes, ou de clarifier ses actions pour donner satisfaction aux combattants qui ont été délaissés pendant plus de trente ans. Avec l’admission de ses fautes, le Général maintiendrait pour toujours l’esprit de fraternité parmi les soldats, afin de promouvoir l’unité parmi les soldats et les civils dans la lutte commune d’à présent contre les Communistes.

Références

[1] Nguyen Van Tin, La Page du Général Hieu, http://nguyentin.tripod.com/

[2] Conversation entre le Général Hieu et l’auteur le 17/12/71 à Dalat.

[3] E-mails datés 04/11/03, 18/11/03, 21/11/03 entre trois officiers d’état major de la 5è et 7è Divisions VC et l’auteur.

[4] Nguyen Van Tin, La Bataille de Snoul comme Rapporté par The New York Times , http://nguyentin.tripod.com/snoul-nyt-2f.htm/

[5] Ordre Opérationnel HQ/TT02/71/B5/KB de la 5è Division, signé par le Général Hieu le 04/5/71, http://nguyentin.tripod.com/TT02-2f.htm/

[6] E-mail du Général de Brigade Tran Quang Khoi daté le 20/11/03

[7] Le Kinh Lich, Bataille de Trente Ans, Edition Quan Doi Nhan Dan, Hanoi, 1996, p.405-406, 421, 432, http://nguyentin.tripod.com/xnun-2f.htm/

[8] Carl J.Haaland, Operational Report-Lessons learned 3/17 Air Cavalry, 30 April 1971, http://splorg.org/vietnam/orll.html

[9] Carl von Clausewitz, Principles of War, The Military Service Publishing Company, Harrisburg, Pennsylvania

[10] Conversation entre un officier d’état major du 3è CA haut gradé et l’auteur le 22/11/03

[11] Conversation entre le Colonel Raymond Kampe, ancien Conseiller de la 5è Division ARVN et l’auteur le 24/11/03

[12] Nguyen Van Tin, Opération Snoul, http://nguyentin.tripod.com/Snoul-2f.htm/

[13] Tran Quang Khoi, Tường Trình Về Vai Trò Của Lữ Ðoàn 3 Kỵ Binh Và Lực Lượng Xung Kích Quân Ðoàn III, http://vietnam.glypto.com/webhtml-01/LD3KyBinh-1975-001.php

[14] Tran Quang Khoi, Fighting to the Finish, Armor, March-April 1996, p. 19-25, http://nguyentin.tripod.com/tqkhoi2-2.htm/

[15] George G. Layman, Problèms Rencontrées par la 5è Division dans la Vietnamisation, http://nguyentin.tripod.com/vnmization5ID-2f.htm/

[16] Internet: http://members.aol.com/spur317f/private/cambodia.htm

[17] Internet: http://members.aol.com/bear317/vcg.txt/, http:// nguyentin.tripod.com/medals_to_americans-genHieu-2f.htm

[18] Nguyen Tien Hung & Jerold L. Schecter, Hồ Sơ Mật Dinh Ðộc Lập, C&K Promotion, Inc., Los Angeles, tr. 75, 78, 267,417.

[19] Tran Van Don, Our Endless War: Inside Vietnam, Novato, CA: Presido Press, 1978

[20] Goodman, Allen E., The Lost Peace: America’s Search for a Negotiated Settlement of the Vietnam War, Stanford, CA : Hoover Institution, 1978

[21] Nguyen Duy Hinh, Operation Lam Sơn 719, Indochina Monographs, US. Army Center of Military History, 1979

[22] Isaacs, Arnolds, Without Honor: Defeat in Vietnam and Cambodia, New York: Vintage Books, 1983

[23] Kissinger, Henry A., The White House Years, Boston: Little Brown, 1979

[24] Nixon, Richard, The Memoirs of Richard Nixon, New Yorks: Grosset and Dunlap, 1978

[25] Ngo Quang Truong, The Easter Offensive of 1972, Indochina Monographs, U.S Army Center of Military History, 1980

[26] Cao Van Vien, The Final Collapse, Indochina Monographs. Washington D.C.: U.S Army Center of Military History, 1983

[27] Lettre du Général Tran Quang Khoi, FFA du 3è CA, datée le 01/5/2004

[28] E-mail du Colonel Bui Trach Dzan, Commandant de la 8è FF le 04/1/2004

[29] E-mail du Général Tran Quang Khoi, FFA du 3è CA daté le 15/01/2004

[30] Ha Mai Viet, Thép và Máu, Thiết Giáp trong Chiến Tranh Việt Nam

Situation Militaire Spéciale
(Du 24/5/71 au 30/5/71)
(Basée sur les documents VC, information de l’US Air Cavalry, interceptions de radio, prisonnier VC capturé par 1/8è Bn, et quelques officiers VC retraités au VN)

Tran Van Thuong
02 février 2004

Mis à jour le 27.03.2004

(Quelques mots à propos de l’auteur du webmaster: Après sa participation dans la bataille de Snoul en tant que commandant de bataillon du 1/8è Bataillon, il a été assigné à l’Ecole Militaire de Dalat. En 1974, il suivait les cours à l'US Command and General Staff College à Fort Leavenworth, et à la chute du Vietnam en 5/1975, il était resté aux Etats-Unis. Au moment présent, il est professeur de mathématique dans une Université américaine.)

generalhieu